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lundi 30 novembre 2015

La chanson qui dérange (2)

Suite (et pas fin) de notre remake bloguesque sur la Chanson qui dérange. Toujours inspirée du livre de Baptiste Vignol : Des chansons pour le dire : une anthologie de la chanson qui trouble et qui dérange (éd. Tournon, 2005), voici une thématique autour de l'auteur-compositeur-interprète : le fantasque Pierre Perret.

Notre ami Pierrot est un habitué de la chanson légère, mais il exploite aussi des thématiques plus complexes et plus graves telles la pauvreté dans la vieillesse (L'hôpital), le divorce (A cause du gosse), les commandos anti-avortement (Elle attend son petit), la famine en Afrique (Riz pilé), les guerres de religions (Au nom de Dieu), les conditions de la femme (La femme grillagée), les méfaits d'Internet (La mère des cons)...

Il créera même en 1969 sa propre maison de disques, Adèle, "qui lui donne la formidable liberté de décider à sa guise du contenu de ses chansons et de leurs arrangements, d’enregistrer comme il le veut et ne dépendre de personne." 

Il reçoit par deux fois un prix décerné par la Ligue Internationale Contre le Racisme et l’Antisémitisme (LICRA), pour sa chanson Lily qui dénonce la xénophobie et le sort des immigrés, et pour l'album La Bête est revenue, parlant des dérèglements d’une société et de l'extrémisme en tout genre.


Les jolies colonies de vacances

En 1966, au nom de la morale, Pierre Perret a été interdit d’antenne pendant six mois pour avoir interpréter cette chanson non expurgée du "pipi dans le lavabo" et de la référence à Tanger et de la sous-entendue traite des Blanches. Madame de Gaulle a même demandé l'arrêt de sa diffusion sur les ondes ! Que de polémiques autour de cette chanson.

 

Les jolies colonies de vacances
Merci maman, merci papa
Tous les ans, je voudrais que ça r'commence
Youkaïdi aïdi aïda.
...

Hier, j'ai glissé de sur une chaise
En f'sant pipi dans le lavabo
J'ai le menton en guidon d'vélo
Et trois canines au Père Lachaise
Les punitions sont plutôt dures
Le pion il a son pareil
Y nous attache en plein soleil
Tout nus barbouillés d'confiture.
...
J'vous envoie mes chers père et mère
Mes baisers les plus distingués
J'vous quitte là j'vais voir ma fiancée
Une vieille qu'a au moins dix berges
Les p'tits on a vraiment pas d'chance
On nous fait jamais voyager
Mais les grandes filles vont à Tanger
Dans d'autres colonies d'vacances.


Mon p’tit loup


Quel angle adopter pour attaquer ce thème périlleux du viol, sans crouler dans la vulgarité ? La première version de la chanson Mon p’tit loup est d’abord destinée à une jeune fille violée. En 1979, Pierre Perret en modifiera le texte pour en faire une complainte admirable et une berceuse plus universelle, délaissant cet humour qui lui laisse tout croquer pour ciseler un voyage au ton tendrement poétique. Bien que parue dans l'album Ça la fait marrer, cette chanson provoque plutôt l'effet contraire...

T'en fais pas, mon p'tit loup,
C'est la vie, ne pleure pas.
T'oublieras, mon p'tit loup,
Ne pleur' pas.

Je t'amèn'rai sécher tes larmes
Au vent des quat' points cardinaux,
Respirer la violett' à Parme
Et les épices à Colombo.
On verra le fleuve Amazon'
Et la vallée des Orchidées
Et les enfants qui se savonn'nt
Le ventre avec des fleurs coupées.

...Je t'amèn'rai voir Liverpool
Et ses guirlandes de Haddock
Et des pays où y a des poul's
Qui chant'nt aussi haut que les coqs.
Tous les livres les plus beaux,
De Colette et d'Marcel Aymé,
Ceux de Rab'lais ou d'Léautaud,
Je suis sûr qu'tu vas les aimer.

Le zizi

On ne peut pas parler de Pierre Perret sans évoquer son... Zizi ! L'espiègle chanteur s’applique comme un artisan et met trois ans à peaufiner sa chanson. Son plus grand succès commercial fut un phénomène de société. Ce titre pétri de métaphores montre que la France trouve à rire et à chanter dans la libération sexuelle. En effet, en 1974, le débat sur l’éducation sexuelle à l’école fait rage dans le monde politique et la société française. Rebelote, interdiction sur les ondes, mais grosse vente de disques avec 5 millions de 45 tours et 16 disques d'or. 

Souvenir en images dans l'émission Système 2 présentée par Guy Lux, dans laquelle Pierre Perret se prend d'un fou rire à la fin de sa chanson.

Afin de nous ôter nos complexes,
Ô gué, ô gué
On nous donne des cours sur le sexe
Ô gué, ô gué
On apprend la vie secrète
Des angoissés d' la bébête
Ou de ceux qui trouvent dégourdi
De montrer leur bigoudi
Une institutrice très sympathique
Nous en explique toute la mécanique
Elle dit nous allons planter le décor
Ô gué, ô gué
De l'appareil masculin d'abord
Ô gué, ô gué
Elle s'approche du tableau noir
On va p' têt' enfin savoir
Quel est ce monstre sacré qui a donc tant de pouvoir
Et sans hésiter elle nous dessine
Le p'tit chose et les deux orphelines

Tout tout tout
Vous saurez tout sur le zizi
Le vrai, le faux
Le laid, le beau
Le dur, le mou
Qui a un grand cou
Le gros touffu
Le p'tit joufflu
Le grand ridé
Le mont pelé
Tout tout tout tout
Je vous dirai tout sur le zizi
...

Disponibilité

Fabienne

lundi 23 novembre 2015

Aragon et Castille de Boby Lapointe




Vous aimez les chanteurs des années 50 ? Alors venez voir l’exposition qui leur est consacrée à la bibliothèque musicale. Parmi les chanteurs exposés, il y a Boby Lapointe. Je souhaite partager avec vous l’histoire d’une de ses chansons. J’ai choisi Aragon et Castille

Pouvons-nous considérer la chanson Aragon et Castille comme une chanson des années 50 ?
La réponse est oui. Car bien qu’elle ait été publiée sur 45 tours en 1960, elle fut écrite en 1954. Sa première apparition était dans le film Poisson d’avril où Bourvil l’interprète, mais malheureusement la chanson passe inaperçue.
Plus tard, la chanteuse Ginette Garcin essaya elle aussi de faire connaître la chanson, sans succès. 
En 1960, Boby Lapointe apparaît dans le film Tirez sur le pianiste, c’est là qu’il rencontre Charles Aznavour. Les deux hommes nouent une amitié, et Aznavour l’engage en première partie de sa tournée.
C’est à ce moment, que la roue tourne pour Boby Lapointe, il chante ses chansons loufoques telles que l’Hélicon, Ta Katie t’a quitté et Aragon et Castille à l’Alhambra et au club des Trois baudets entre autre.
En 1960 et 1961, il enregistre ses premiers disques, où paraît Aragon et Castille.

Si on analyse  les paroles de la chanson, on peut voir qu’elle est divisée en 4 parties.
1ère partie : Histoire principale. Elle met en scène une jeune fille du pays d’Aragon et un jeune homme du pays de Castille. On nous laisse supposer une éventuelle rencontre entre les deux personnages. La 1ère partie est également le refrain.
2ème partie : Dans sa chanson, Boby Lapointe, utilise la figure de style de la digression qui signifie « action de s’éloigner »
La digression c’est le changement temporaire de sujet au cours d’un récit, qui évoque une action parallèle au discours.
Dans le cas de la chanson, Boby s’éloigne de la glace vanille et citron, pour nous dire qu’il préfère la glace au chocolat mais que malheureusement son pâtissier n’en a plus.
3ème partie : À nouveau, on s’écarte de l’histoire principale. Boby  nous explique qu’être marchand de glace est un beau métier, à l’inverse de marchand de mouron (ver marin), qui est un métier moins marrant, Il nous indique aussi qu’un parent à lui est vendeur de mouron.
4ème partie : Cette fois, c’est la fin de la chanson. Boby nous explique qu’à cause de la distance, la fille n’aura pas sa glace vanille et citron, que le garçon n’aura au final rien vendu et que son commerce a fondu. Il n’y a donc pas de rencontre. Boby nous invite alors à chanter « jusqu’à demain ».
Si ce n’ai pas déjà fait, je vous invite à écouter cette chanson qui respire la joie de vivre et la bonne humeur.
Emilie

lundi 16 novembre 2015

En coulisses : les affiches (2)

Après le billet du mois dernier, en voici un nouveau sur les affiches qui se concentre sur le catalogue de la Collection suisse d'affiches, car depuis 2007, nous contribuons à enrichir ce catalogue avec nos affiches musicales genevoises. Avant cette étape importante, les affiches collectées à la bibliothèque étaient listées à l'aide d'inventaires "papier", puis, dès 1997, répertoriées avec un programme informatique. Ces différents inventaires n'étaient pas accessibles pour le public. 

Le catalogue suisse des affiches est hébergé sur le site de la Bibliothèque nationale suisse. Vous pourrez y lire un historique de l'affiche suisse, mentionnant les débuts de l'art de l'affiche en Suisse, la lithographie, la typographie, les affiches publicitaires et touristiques. 

Ce catalogue rassemble les collections des grandes institutions suisses : le Cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale, la BGE, la Médiathèque Valais. Afin d'avoir un panorama complet des affiches suisses, la recherche peut se poursuivre sur le catalogue du Gestaltung Museum de Zurich qui possède une collection inestimable d'affiches, ainsi que sur le site de la Schule für Gestaltung de Bâle (SfG). :

A ce jour, toutes les affiches de La Musicale sont présentes dans le catalogue suisse, soit quelque 8400 affiches

Différents accès de recherche sont possibles :
  • par son contenu "musical" 
Par exemple, recherche des affiches de concert où Britten fut joué en "recherche avancée" :

 Nos affiches annoncent Britten 139 fois.
  • par son contenu iconographique
recherche dont la description iconographique contient par exemple : "instrument de musique" et "herbe", comme dans l'affiche de Marc-André Gentinetta ci-dessous.





  • par le nom d'une agence graphique
  • ou par le nom d'un graphiste 

 Exemple du travail de Jean-Michel Gerber 
dans différents genres musicaux !


D'autres graphistes se concentrent sur un seul domaine, comme Karl Dominic Geissbühler qui travaille pour le Opernhaus Zürich depuis des décennies.

La portée du catalogue de la Collection suisse d'affiches est relayée par Europeana, le portail numérique du patrimoine européen recensant plus de 38 millions d'objets. Bonne découverte ! 

Disponibilité
Muriel 

lundi 9 novembre 2015

World harmonies

Parmi toutes ses partitions "papier", la bibliothèque en propose depuis quelques temps sous forme dématérialisée. C'est le cas de la collection World harmonies. Gain de place sur les rayons (cela tient dans un CD-Rom), possibilité d'imprimer les parties désirées et de les écouter de manière isolée ou dans l'arrangement global, mais aussi de jouer avec l'orchestre virtuel à la manière d'un karaoké.


Voici comment les éditions Lugdivine présentent leur nouvelle collection :

"La collection World Harmonies nous offre une ouverture en direction de styles musicaux qui puisent leurs racines dans les traditions de différentes cultures du monde. Ces musiques constituent une riche alternative pour renouveler le fonds de répertoire en donnant aux instruments et formations "classiques" une âme nouvelle. Pour adapter ces propositions aux pratiques habituelles des écoles de musique et des conservatoires, Guy Bertrand s’est entouré de spécialistes imprégnés de ces cultures d’origine et rompus aux exigences de l’enseignement musical.


World Harmonies s’appuie sur une présentation originale d’une grande souplesse d’utilisation. Chaque CD-Rom propose à la fois des partitions, des fichiers "audio" et, le cas échéant, quelques séquences vidéo. L’utilisateur dispose ainsi :

- de l’ensemble des partitions comprenant le conducteur (score) + les parties séparées "instrument par instrument" pour chaque arrangement du titre destiné à diverses formations (format pdf) [par ex. ensemble de saxophones, de clarinettes, d'harmonie ou de cuivres...]

- d’un fichier "audio" stéréo ainsi que les parties séparées de chaque instrument. Cette disposition permet à l'instrumentiste d'écouter sa partie instrumentale de manière isolée, de l'entendre dans l'arrangement global et ainsi de pouvoir s'exercer avec l’orchestre virtuel (format mp3)

- d’un documentaire vidéo, réalisé avec des musiciens dans leur contexte culturel, qui permettra d'approcher au plus près les spécificités stylistiques pour mieux les appréhender."




Démonstration de l'outil mp3

World harmonies, c'est un voyage à la fois dans les Balkans, à Cuba et au Brésil !

Disponibilité


Fabienne

lundi 2 novembre 2015

Lang Lang : star système à la chinoise

"En ce début du XXIe siècle, tout est exponentiel et le classique n'avait jamais connu un tel phénomène : admirateurs qui se comptent à l'échelle de la planète entière, image de pop star, demi-dieu dans son pays, soucieux d'une communication millimétrée, Lang Lang, à 32 ans à peine, stupéfie. Et l'artiste dans tout cela? Un vrai musicien, libre de ses projets et très attaché au message qu'il tient à transmettre" (Lang Lang le pianiste aux millions de fans, dans Classica no 164, juillet-août 2014)



 Reportage de la BBC sur le parcours de Lang Lang
(Imagine.... Do or Die : Lang Lang's story, 2012)


Lang Lang suscite l'enthousiasme des jeunes générations chinoises et du monde entier. Il multiplie les actions pour communiquer sa passion du piano, notamment au travers de sa Fondation internationale, et en animant personnellement des concerts réunissant 101 jeunes pianistes. Voilà ce qu'il exprime dans l'introduction de sa nouvelle collection de partitions :


"To me the piano is like a musical world - it takes me to a place beyond reality. You, too, will find that it extends your mind, heart, creativity and communication skills. You don't need a concert hall; you don't need a big grand piano: any piano is enough - and the world will be yours to embrace."

Si vous aussi vous souhaitez développer votre esprit, votre coeur, votre créativité et vos compétences de communication par la pratique du piano, un clavinova est à votre disposition à la bibliothèque pour déchiffrer à loisir les morceaux proposés par Lang Lang dans sa méthode.

Lang Lang donnera un récital à Genève le 6 novembre prochain, au Victoria Hall, si vous êtes fan, courrez vite acheter vos places, vous pourrez peut-être lui demander un autographe à la sortie des artistes ;-) 

Disponibilité 
Tullia


lundi 26 octobre 2015

Centenaire Pierre Wissmer


Cette semaine va être célébré le 100e anniversaire de la naissance de Pierre Wissmer : 
"Auteur de trois opéras, le Genevois n'a délaissé ni la musique de chambre ni le genre symphonique, pas plus que le théâtre musical, les musiques de scène ou les partitions radiophoniques" !
Telles étaient les facettes énoncées dans l'hommage qui lui a été fait dans le Journal de Genève en novembre 1992. Et, les matériels d'orchestre possédés par la bibliothèque témoignent de son activité, et théâtrale et radiophonique.

Par exemple, l'oeuvre d' "Un banquier sans visage, Chronique des temps qui changent" créée au Grand Théâtre en juin 1964, se rapproche davantage du théâtre musical que de l'opéra. Ce fut une commande de l'Etat pour les 150 ans de l'entrée du canton dans la Confédération. Précédemment, la scène du Grand Casino - celle de la Place Neuve est en travaux ! - permit au public genevois de découvrir l'oeuvre lyrique de Pierre Wissmer : 

"Capitaine Bruno" opéra-comique créé en 1956 ou "Marion ou La Belle au Tricorne" en 1952.

Affiche de la bibliothèque répertoriée sous la cote BMU D 2107


On retrouve vingt ans après une partie de cette distribution dans "I Cadieni", théâtre musical commandé par Radio-Genève et créé en 1984. Comme l'indique le livret accompagnant le matériel, "tour à tour la parole et la musique tenteront de faire revivre des personnages et d'évoquer des lieux qui, les uns et les autres, sont certes imaginaires mais cependant vraisemblable".  Si le rôle de narrateur pour la création est tenu par Guy Tréjean, des acteurs genevois lui donnent la réplique : Jean Vigny, Gérard Carrat ou encore Michel Cassagne ! La mise en ondes était assurée par un pilier des émissions radiophoniques en la personne de William Jacques !



 Partition I Cadieni, cote BMU Sor 214

L'Association des amis de Pierre Wissmer sous le nom de L'Action Musicale Pierre Wissmer (AMPW) vous renseignera sur toutes les actualités liées au compositeur genevois : concerts de musique de chambre, enregistrements, ... Le prochain événement est agendé au 1er novembre  dans la Grande Salle du Conservatoire de musique de Genève pour une après-midi "Autour de Pierre Wissmer".

Disponibilité
Muriel


lundi 19 octobre 2015

La chanson qui dérange (1)

"Une chanson, c’est du théâtre, un film, un roman, une idée, un slogan, un acte de foi, une danse, une fête, un deuil, un chant d’amour, une arme de combat, une denrée périssable, une compagnie, un moment de vie. La vie"

Cette citation de Georges Moustaki résume à elle seule la vaste portée de la chanson. Toutes les rengaines racontent la même histoire, celle de la vie et de ses embûches, de l’amour et de la mort.

Dans ce triptyque, qui fut et qui sera toujours, il y a forcément des thèmes plus délicats à aborder, que ce soit par la manière de le faire ou le propos lui-même.

L’époque n’est pas un gage de retenue pour évoquer certains sujets. Les chansons grivoises de la Renaissance sont un reflet fidèle, quoique partiel, de l’atmosphère du moment. La « chanson villaine » est représentative d’une liberté des mœurs assez singulière du 16e s.

En 2008, la Bibliothèque musicale avait exploité cette thématique de La chanson qui dérange en exposant diverses partitions en relation. Elle s'était largement inspirée du livre de Baptiste Vignol : Des chansons pour le dire : une anthologie de la chanson qui trouble et qui dérange (éd. Tournon, 2005) pour les chansons plus récentes.

Voici donc un remake bloguesque en abordant, dans cette première partie, des chansons anciennes gaillardes et grivoises qui nous font (encore) sourire.


Ramonnes moy ma cheminée (Hesdin, Renaissance)



L’équivoque du ramoneur est fréquemment utilisée dans la chanson gaillarde. Il faut aborder cette dernière dans le même esprit qu’à sa naissance, avec ironie et détachement, avec l’humour et la légèreté de gens qui se divertissent à la fin d’un repas ou autour d’un pichet. 

Ramonnes moy ma cheminée
Ramonnes la moy hault et bas.

Une dame la matinee
Ramonnes moy ma cheminée
Disoit de chaleur forcenée,
Mon amy prenons noz esbatz
Ramonnes moy ma cheminée
Ramonnes la moy hault et bas.

Une belle jeune espousée (Janequin, Renaissance)

Les grands noms du 16e siècle de la poésie et de la musique ont illustré et pratiqué la « chanson villaine », à l’instar de Clément Janequin (compositeur et... homme d'église !). En effet, ce siècle connaît une liberté des mœurs assez singulière. Ces chansons sont une restitution vivante de l’atmosphère d’une époque. 

Une belle jeune espousée
Estoit une fois en devis
Avec une vieille rusée,
Et disoit : Dame a vostre advis
Les hommes sont ils si ravis
Quant ils le font et ont ils bien
Autant que nous d’ayse et de bien ?

Je crois si, luy respondit elle
Ils sentent douceur toute telle,
Mais elle passe comme vent.

Je m’esbahis donc, dit la belle
Qu’ils n’y retournent plus souvent.

Les moines de Saint-Bernardin (19e siècle)

Cette chanson dérive d'un chant fort ancien, d'auteur inconnu et mis en musique par Loyset Compère, un ecclésiastique du 15e siècle : Nous sommes de l'ordre de Saint Babouyn. Cet ordre étonnant, dont l'existence est attestée sous Charles VI, était composé de buveurs. 



Les paroles proposées ici en version "soft" sont la reprise du 19e siècle :


Nous sommes les moines de Saint-Bernardin
Qui nous couchons tard et nous levons matin
Pour aller à matines, vider quelques flacons
Voilà c' qu'est bon et bon et bon !

Et voilà la vie, voilà la vie, la vie chérie ah ! ah !
Et voilà la vie que les moines font.

Pour notre dîner de bons petits oiseaux
Que l'on nomme caille bécasse ou perdreau
Et la fine andouillette et la tranch' de jambon
Voilà c' qu'est bon et bon et bon !

Pour notre coucher dans un lit aux draps blancs
Une chaufferette de quinze à seize ans
Tout autour bien faite, bien chaude dans le fond
Voilà c' qu'est bon et bon et bon !

Si c'est là la vie que les moines font
Je me ferai moine avec ma Jeanneton
Qui a de belles tresses et un joli menton
Voilà c' qu'est bon et bon et bon !

Disponibilité
Fabienne