lundi 4 février 2019

Réouverture du Grand Théâtre



 cop. N. Zermatten, VdG

Tous les mélomanes à Genève et alentours le savent bien, le Grand Théâtre rouvrira ses portes le 12 février prochain après trois années de travaux qui auront servi à améliorer les locaux des collaborateurs, des artistes ainsi que les halls d'accueil.

Trois années durant lesquelles le public a fréquenté la salle "vagabonde" de la Comédie Française qui est devenue l'Opéra des Nations inaugurée presque jour pour jour il y a trois ans

Le Ring des Nibelungen donc pour marquer ce nouveau départ à la Place de Neuve. Comme en 2014, seize heures de musique attendent les passionnés d'opéra, dans une production identique : Dieter Dorn et Jürgen Rose, pour la mise en scène, décors et costumes.

Cette réouverture marque aussi la fin de la direction de Tobias Richter puisque c'est le zurichois Aviel Cahn qui lui succèdera la prochaine saison.


 
Les ouvertures et réouvertures de la scène de la Place de Neuve peuvent se parcourir au fil de la collection de programmes conservée à la bibliothèque.

 Fonds Boissonnas, BGE

En octobre 1879 après quatre années de travaux, le Grand Théâtre ouvre ses portes avec l'opéra Guillaume Tell de Rossini. Parmi les collections d'affiches et de programmes de la Bibliothèque de Genève, ces documents, telle l'affiche de 1879, sont les témoins éphémères des représentations historiques.

Après l'incendie du 1er mai 1951, il faut attendre onze ans pour retrouver la salle de la Place de Neuve. Le 10 décembre 1962, on inaugure la nouvelle salle. Le programme de l'époque cite le maire Albert Dussoix : "Attente, émotion, espoir, fierté aussi, inspirent nos pensées en inaugurant aujourd'hui le Grand Théâtre, reconstruit au prix de mille soins par la Ville de Genève. Car il fallut certes des années d'effort, d'invention, de labeur patient et de juste ambition pour créer cet édifice prestigieux, à la mesure des exigences du spectateur moderne."

BMU AF 1517


Alors après l'attente, place aux émotions...

Consultation des archives
Muriel

lundi 7 janvier 2019

Hommage à Noemi Lapzeson

© Carole Paroldi

Le Journal de l'ADC, le premier, a rendu hommage à Noemi Lapzeson cet été par un riche dossier. On peut citer la double page remplie de "Je me souviens" qui évoque Noemi au quotidien ou dans sa vie de danseuse, de chorégraphe...  Et sans doute que chacune et chacun qui l'a côtoyée dans la Maison du Grütli a son Je me souviens à soi, comme autant de petits moments de partage, égrainés au fil des ans...


Pour ceux qui la découvre, Noemi arrive à Genève en 1980. Son premier spectacle a lieu l'année suivante dans le cadre du tout jeune Ensemble Contrechamps. Et, c'est dans le contexte des créations contemporaines de l'époque que sous son impulsion est créée en 1986 l'Association pour la danse contemporaine (ADC). On peut entendre Noemi parler de son expérience unique aux côtés de Marta Graham dans une émission de la RTS Viva quelques années plus tard - les images sont tournées au studio du 2ème étage au Grütli, juste au-dessus de la bibliothèque !

Son parcours extraordinaire est trop long à évoquer jusqu'au Grand prix suisse de la danse qu'elle a reçu en octobre 2017. A cette occasion, ces quelques phrases de Marcela San Pedro qui a cotoyé pendant vingt ans Noemi et qui est l'auteur d'Un corps qui pense, Noemi Lapzeson, transmettre en danse contemporaine sont un beau témoignage :

Tout est signifiant dans la vie et l’œuvre de cette femme qui n’a jamais rien fait à moitié, qui a soigné avec application et exigence chaque aspect de son existence. Je dirais que pour Noemi, il n’y avait presque pas de différence entre fond et forme...
Pour ne citer qu’un des aspects qui me semblent notoires dans sa trajectoire, elle était une des dernières représentantes d’un héritage fondamental et caractéristique des débuts de la danse contemporaine : le fait d’être à la fois une excellente interprète, une chorégraphe importante et une grande pédagogue.
Au début de sa carrière, Noemi a rencontré, en Argentine et à New York,des grands noms de l’histoire de la danse, contemporaine et classique, tels Frederick Ashton, Alfredo Corvino, José Limon, qui lui ont beaucoup appris.
Elle a ensuite passé douze ans comme danseuse chez Martha Graham, commençant dans le corps de ballet et accédant au statut de soliste. Elle a très vite enseigné la technique Graham, pour s’en détacher plus tard.
L’univers poétique personnel de ses créations ne ressemblait à rien d’autre, comme ses cours, comme sa manière de danser.
Noemi a investi ces trois aspects fondamentaux de la pratique de la danse contemporaine, qui aujourd’hui sont très souvent séparés.

Une année après le décès de Noemi Lapzeson, des retrouvailles sont prévues à la Maison des arts du Grütli dès vendredi prochain et pour la durée du week-end. Exposition de photos de Jesus Moreno, films, cours, performances et rencontres sont prévus durant ces trois jours. Tout le programme est détaillé sur le site de l'ADC, sans inscription préalable pour participer.

Début février, le spectacle "A Noemi" sera un troisième hommage programmé dans le cadre de la saison de l'ADC.

Enfin, à la bibliothèque, venez découvrir quelques vitrines consacrées à la danse.


Disponibilité
Muriel

PS: A lire encore, l'article du Courrier du 4 janvier : Les mots de la danse, avec Anne Davier qui pense, tous les jours, à Noemi...

lundi 24 décembre 2018

Cadeaux de partitions

C'est Noël, le temps de faire plaisir en offrant quelques cadeaux. Mais quel casse-tête pour trouver que mettre sous le sapin, pour la bonne personne. Voici quelques suggestions tirées des nouveautés de la bibliothèque :





Pour cousin Théo, fan de séries télévisées : la BO de Game of thrones, pour piano.






 


Pour douce Maman : un bouquet de ballades romantiques.









Pour tante Tania, abonnée au Grand Théâtre, en prévision du prochain spectacle Médée : l'Avant-Scène opéra







 


Pour petit Tom : les plus belles comptines allemandes... et en français !







Pour oncle Thierry, grand bourlingueur : des airs traditionnels mexicains qui lui rappelleront ses voyages en Amérique latine.










Pour grand-mère Thérèse qui désire se mettre au piano : une méthode à son niveau.










Et pour agrémenter cette distribution de cadeaux, quelques petits airs enneigés au piano !







Joyeux Noël !

Fabienne

lundi 17 décembre 2018

Chansons de Noël pour les nuls

On connaît toutes ces fameuses mélodies - ou presque - et leurs paroles, mais qu'en est-il de leurs origines ? Voici quelques tubes et des renseignements à leur sujet figurant dans "Les plus beaux chants de Noël pour les nuls", qui, après leur lecture, vous rendront un peu moins... ignorants !

Mon beau sapin

Les paroles de cet hymne - "O Tannenbaum", dans sa version originale allemande - ont été écrites par un auteur anonyme en 1550. Même si elles concernent bien un sapin, il n'est pas question de Noël. Il s'agit d'un amant déçu se lamentant sous cet arbre et glorifiant la fidélité des aiguilles malgré l'hiver. Quant à la musique, la première version est du compositeur Melchior Frank. C'est la version de 1824 de l'organiste Ernst Anschütz, avec deux couplets supplémentaires transformant la lamentation amoureuse en chanson de Noël, qui est restée dans les anales. Au XXe siècle, étant une des rares chansons de Noël ne faisant pas allusion à la religion, elle est récupérée par des mouvements politiques de tous bords.  De nos jours, elle est même l'hymne de l'Etat du Maryland !




La jambe me fait mal

Cet air provient du pays des santons, d'où son titre en provençal ou en occitan "La cambo me fai mau". C'est sans doute Nicolas Saboly (1614-1675), maître de chapelle, qui a écrit ce chant racontant le périple d'un berger, qui, malgré sa jambe malade, désire aller rendre visite à Jésus nouveau-né, pour autant qu'on l'aide à seller son cheval. Le dernier refrain l'annonce guéri après être arrivé à destination :

Quand j'aurai vu le Fils de Dieu le Père,
Quand j'aurai vu le Roi du ciel venu,
M'en revenant de saluer sa Mère,
M'en revenant, tout sera différent.

Je n'aurai plus de mal,
Boute selle, boute selle,
Je n'aurai plus de mal,
Boute selle à mon cheval.

We wish you a merry Christmas


Un des plus célèbres cantiques profanes, anonyme, datant du XVIe siècle et mentionnant à la fois les fêtes de Noël et de Nouvel an. Il fait référence à la tradition anglaise des chanteurs venant à Noël quémander aux plus fortunés des friandises, des cakes, des figgy pudding (ancien plat aux figues servi à Noël) et de l'argent pour les plus déshérités.

Jingle bells

Le plus populaire des chants de Noël a été composé à Medford, Massachussetts, où une plaque commémorative le mentionne. James Lord Pierpont s'est inspiré des clochettes des courses de traîneaux très pratiquées dans cette petite ville. Cette chanson est devenue rapidement célèbre car elle a été enregistrée en 1898 et a pu ainsi être diffusée. Mais elle l'a été encore plus dès 1940 avec les reprises des crooners et des orchestres de jazz.

Quant aux paroles de la version française de 1948, elles sont l'oeuvre d'un certain Francis Blanche !

Minuit, chrétiens

Autant son compositeur Adolphe Adam - connu pour ses opéras et ballets - que son parolier Placide Cappeau - poète négociant en vin, républicain, socialiste, anticlérical - n'étaient pas du tout portés sur la religion. Des athées qui ont écrit l'un des plus célèbres chants de Noël, surnommé "La Marseillaise religieuse" par son compositeur et même de "chant d'ivrogne" par Claude Debussy !

Gleeson Library, San Francisco

  
Joyeux Noël !

Disponibilité

Fabienne

lundi 10 décembre 2018

La défense d'aimer... ou le Novice de Palermo

Qui connaît ce titre ? Une oeuvre lyrique, oui, mais de qui ?
Richard Wagner a bien écrit un opéra-comique. Nous venons d'acquérir la partition du premier opéra écrit par Richard Wagner Das Liebsverbot oder Die Novize von Palermo (WWV 38), un opéra-comique en deux actes. Avant cela, Wagner a tenté Les Noces, restées inachevées et dont le manuscrit fut détruit par Wagner lui-même, puis Les Fées, terminées bien après cet opéra-comique en 1888. 
Le dictionnaire encyclopédique consacré à Wagner, sorti récemment aux Editons Actes Sud nous confirme que le livret est largement inspiré de Measure for measure de William Shakespeare. L'oeuvre fut créée en 1836 à Magdebourg. A part de très rares productions, il faut attendre 1957 pour voir à nouveau monter Das Liebesverbot à Dortmund, puis en 1973 à Bayreuth. Plus proche de chez nous, l'Opéra du Rhin a réalisé une production en 2016.
Das Wagner Lexikon nous renseigne davantage sur cette oeuvre très peu jouée.

Le lien privilégié de la bibliothèque avec la scène lyrique genevoise permet de constater que cette oeuvre n'a jamais été jouée à Genève. 


Mise en scène de Marianne Clément en 2016

 
Disponibilité
Muriel

lundi 26 novembre 2018

L'OSR fête son premier siècle

Dans quelques jours, le 30 novembre prochain, nous fêterons le premier concert de l'OSR dirigé par Ernest Ansermet, fondateur de l'orchestre ! Au programme le Shéhérazade de Rimsky-Korsakov, venant clore un concert où Haendel, Mozart, Benner, Jaques-Dalcroze se succédèrent. La deuxième soirée de l'orchestre est un hommage à Claude Debussy qui restera au fil des décennies un compositeur de prédilection pour l'OSR, comme à sa suite Honegger, de Falla, Stravinsky, Dukas ... A noter que l'orchestre à sa création, hormis la harpiste, est constitué exclusivement de musiciens ! 

A l'occasion de ce centenaire, les images d'archives de la RTS ont permis de réaliser un dossier, ponctué par de nombreux témoignages de musiciens de l'orchestre, parcourant ainsi les périodes dirigées par les plus grands chefs successifs : Ansermet, Sawallisch, Jordan, Janowski et Nott.

Dukas, Ansermet, enregistrement de 1963


Depuis 50 ans, l'OSR et la bibliothèque ont tissé des liens. Notre collection de matériels d'exécution servent régulièrement aux productions actuelles et ont servi également par le passé. Par exemple, la partition et le matériel d'orchestre de L'apprenti sorcier de Dukas ont été empruntés par l'OSR, au début de l'existence de la bibliothèque, sise à la Promenade du Pin, pour le premier concert d'abonnement en automne 1964. Cette oeuvre figure d'ailleurs dans les tout premiers concerts de l'OSR dès les années 1919, 1920.

En 1983, pour le centenaire d'Ansermet, Jean Mohr avait réalisé une série de photographies réunies dans le programme des concerts commémoratifs cette année-là.

Pour les concerts commémoratifs de cette semaine, tout le programme est détaillé ici.

Consultation

Muriel

lundi 19 novembre 2018

Debussy à la plage


Le dernier ouvrage de Rémy Campos, coordinateur de la recherche à la HEM, évoque l'été : Debussy à la plage ! Il s'agit là d'une co-édition entre la Haute Ecole de Musique et les Editions Gallimard. Mais qu'on ne s'y trompe pas, l'auteur insiste, le titre n'est donc pas celui d'une pochade qui alignerait des photographies inédites levant le voile sur l'intimité d'un génie. La formule est moins une allusion anecdotique au décor balnéaire des clichés d'août 1911 que l'indication du thème de notre enquête : des lieux pris au sérieux et inlassablement interrogés afin de saisir ce que les personnes y font et en font.

Ainsi, les différents chapitres nous donnent à saisir les pans de la vie ordinaire  du compositeur de même que celle de ses contemporains. Les sources iconographiques reposent sur les albums photographiques des Debussy, complétés par les prises de vues des amateurs de l'époque et des cartes postales et pour le chapitre Avenue du Bois celles de Jacques-Henri Lartigue.

 
Présentation de l'ouvrage (voix de Denis Podalydès)

L'image de la couverture est conservée à la BNFoù l'on peut voir, comme dans les studios, le sujet qui pose seul devant l'objectif. La destination balnéaire choisie par son épouse le laisse d'ailleurs agréablement surpris :
Ce pays est beaucoup moins désagréable qu'on pouvait le penser. L'air qu'on y respire est léger, la mer apaisante, les gens acceptables.
Lettre à Jacques Durand, Houlgate, 5 août 1911
Pour découvrir d'autres images de l'ouvrage, vous pouvez vous rendre sur le site consacré à la photographie L'oeil sensible. Enfin, l'ouïe n'est pas en reste, l'ouvrage contient un enregistrement du Martyre de Saint-Sébastien dirigé par Stefan Asbury en 2005. La création de cette oeuvre en mai 1911 précède de quelques semaines l'été à Houlgate.

Disponibilité
Disponibilité (Le Martyre, édition de 1911)
Muriel