lundi 28 mars 2016

Requiem pour Gainsbourg

25 ans déjà que Gainsbarre s'est "barré" ! C'est sans doute à cette occasion que l'éditeur Bookmakers a sorti dernièrement un Best of. Dans cette belle série consacrée à la chanson française, voici donc un volume dédié à l'homme à la tête de chou. En plus des 55 partitions proposées, figure une riche documentation sur Serge Gainsbourg : des illustrations (photos, affiches, dessins...), des reproductions de manuscrits, des souvenirs et témoignages de ses proches... Mais aussi et bien sûr les mots de Gainsbourg, tirés de différentes sources. En voici un florilège :


"J'ai changé de nom. Lucien commençait à me gonfler, je voyais partout "Chez Lucien, coiffeur pour hommes", "Lucien, coiffeur pour dames". Je voulais m'appeler Julien à cause de Julien Sorel, le héros de Stendhal. Après je suis tombé sur Lucien Leuwen, autre héros du même auteur. Ca m'a réconcilié un moment avec mon vrai prénom, mais j'ai finalement choisi Serge. Sur le moment, Serge m'a paru bien, ça sonnait russe. Par nostalgie de la Russie que je n'ai jamais connue. Quant au "a" et au "o" rajoutés à Ginsburg, c'est en souvenir de ces profs de lycée qui écorchaient mon nom..."
 "Je suis incapable de faire une chanson optimiste, heureuse, une chanson d'amour. Je ne trouve pas les mots, je n'ai rien à dire du bonheur, je ne sais pas ce que c'est. Il ne s'exprime pas. C'est comme si vous braquiez l'objectif de votre appareil photographique sur un ciel parfaitement bleu. Il n'y aurait rien sur la pellicule. Alors que si vous photographiez un ciel d'orage, avec de beaux nuages noirs et gris, ce sera superbe."
Mais pourtant :

"J'ai écrit en une nuit Harley Davidson et Bonnie and Clyde. En une nuit ! Quant à Je t'aime moi non plus, ça s'est passé chez Brigitte. Elle m'a dit : "Ecris-moi la plus belle chanson d'amour que tu puisses imaginer..." 

Catherine Deneuve dira aussi :
"Serge est quelqu'un de très torturé mais en revanche il jubile pour de petits détails et c'est là qu'il est renversant. Quand on le connaît il a des côtés irritants, provocateurs et puis il vous sort une phrase bouleversante. Et il termine toujours gagnant. Sa gentillesse profonde le trahit."
Dans ce volume, chaque chanson est introduite par quelques explications. Par ex., pour "Je suis venu te dire que je m'en vais" :

"Contrairement à ce que l'on pense, cette chanson n'est pas une annonce de rupture faite à Jane Birkin, mais une façon de la préparer à sa propre mort. En effet, Serge Gainsbourg vient d'être victime d'un infarctus et pour exprimer ce sentiment, il réarrange l'ordre des vers du poème de Paul Verlaine Chanson d'automne extrait des Poèmes saturniens (1866). Créée par Serge Gainsbourg et Jane Birkin sur le disque 33 T Vu de l'extérieur (1973)."
Quant au "Poinçonneur des Lilas" :
"Ecrite en 1956, l'auteur note que la suite harmonique utilisée dans sa chanson n'est pas sans rappeler celle de la saga des James Bond (thème musical de Monty Norman et John Barry, premier mari de Jane Birkin...) dont le premier opus sort en 1962 ! Serge Gainsbourg en fera la démonstration en direct, en jouant les deux thèmes l'un à la suite, dans l'émission C'est encore mieux l'après-midi de Christophe Dechavanne le 18 octobre 1985."



Disponibilité

Fabienne

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