Si la plage vous inspire, que les couleurs des parasols vous titillent ou que l'horizon bleu du lac évoque des souvenirs maritimes, toutes les partitions qui chantent l'été sont disponibles à la bibliothèque durant ces prochaines semaines...
La bibliothèque est ouverte selon l'horaire habituel pendant l'été (sauf le 1er août). Bienvenue !
Leonard Bernstein fait la Une de deux revues musicales. Simultanément, on le retrouve sur la couverture de Classica et Diapason ! Rien d'étonnant puisqu'il aurait eu 100 ans en août prochain.
L'occasion pour comparer ces deux numéros ! Diapason aborde l'homme aux multiples facettes par ses propres écrits, Letters parues en 2013 :
Je ne sais toujours pas exactement ce que je veux faire. Diriger, composer, jouer du piano, produire, arranger, etc. Je suis tous et aucun.(juillet 1939)
Voilà qui pose déjà les jalons de ses ambitions et de ses talents multiples qui durant sa vie entière vont se déployer. L'article insiste sur cet éclatement d'inspiration et le compose de dix chapitres : Amant, ami, auteur, célébrité, chef, compositeur, homme, pédagogue, pianiste, politique.
Classica ne traite que quelques facettes de manière plus approfondie. Les Norton lectures à Harvard retransmises à la télévision de l'époque dont la revue partage deux extraits emblématiques tirés des chapitres 5 et 6. Ces émissions sont aujourd'hui rendues accessibles à chacun. Une double page est consacrée à ses activités de chef d'orchestre en évoquant les cinq chefs actuels qui lui sont redevables. Bernstein compositeur est mentionné à travers la brève présentation de 10 oeuvres présentant "la quintessence de son art de la composition". Enfin, le dossier de Classica se termine par un extrait de Radical chicde Tom Wolfe, relatant une soirée new-yorkaise, début 1969 et dont vous pouvez lire la version originale en ligne sur le site du New York Magazine. Quant aux enregistrements de Bernstein, 8 CD sont mis en avant par Classica, dont la seconde intégrale des Symphonies de Mahler ! Les enregistrements choisis par Diapason sont plus vastes. On y apprend que le choix de Bernstein lui-même s'arrête au quatuor à cordes, op. 131 de Beethoven dans sa version pour orchestre enregistré en 1977 !
On ne peut pas comprendre Mahler si on ne comprend pas cette oeuvre, qui bouge et frappe [...] Laissez-moi vous le faire entendre.
V et VI mouvements de cet op. 131
Si la lecture de ces dossiers vous donne l'envie d'en savoir encore davantage, depuis le début du mois, Un été avec Bernstein"pose un regard amoureux sur un homme qui avait tous les talents, un chef qui a dynamisé les orchestres les plus revêches, qui nous a fait pleurer avec Gustav Mahler, un compositeur qui a fait danser et chanter la terre entière sur West Side Story..." Disponibilité
Les rues de Genève, aux abords de la nouvelle gare des Eaux-Vives, mettront les femmes à l'honneur. C'est ce que nous apprend le dernier numéro de Vivre à Genève.
Parmi ces nouvelles désignations, l'une d'elles sera consacrée à Marie Chassevant, pianiste, professeur au Conservatoire de musique de Genève et cantatrice. Auteure de différentes méthodes, Marie Chassevant est connue pour l'une d'entre elles plus particulièrement. Une méthode ludique consacrée à l'apprentissage du solfège pour les enfants où il est question de Comment Madame l'intonation indiqua à la mère du petit enfant ce qu'il fallait faire pour lui apprendre à imiter ces oiseaux, suivis de l'Histoire de Mme la Mesure et de l'Histoire du Beau Génie de la nuance. Après avoir été bien accueillis, ses différents écrits semblent avoir été oubliés des conservatoires simultanément à l'ouverture de l'Institut Jaques-Dalcroze. Afin de mieux connaître le contexte de l'enseignement musical à Genève à cette époque, on pourra lire la thèse de Mary Brice disponible dans les archives ouvertes de l'Université de Genève.
Compositeur musical
(1880)
A la bibliothèque, nous conservons les signes mobiles du Compositeur musical de Marie Chassevant qui accompagnent les volumes du Solfège de l'enfant.
C'est lors d'une conférence donnée dans le cadre du festival Histoire et Cité que j'ai entendu parler de l'opérette de Germaine Tillion Verfügbar aux Enfers. Comme notre bibliothèque ne possédait pas cette oeuvre, c'était l'occasion de l'acquérir. Voilà qui est fait : le livret, avec le fac-similéen regard et dans un carnet annexé, est maintenant disponible dans un bel ouvrage édité chez de La Martinière. Germaine Tillion (1907-2008) est une ethnologue française qui a travaillé en Algérie entre 1934 et 1940. De retour en France, elle entre dans la Résistance avant d'être déportée dans le camp de Ravensbrück. C'est ici qu'elle écrit en cachette son opérette Verfügbar aux Enfers.
Voici l'un des textes les plus singuliers parmi ceux qui proviennent des camps nazis de la mort. En octobre 1944, déportée depuis un an à Ravensbrück, Germaine Tillion choisit d'aider ses camarades en les entraînant dans la création d'une oeuvre. Cachée au fond d'une caisse d'emballage, elle rédige une "opérette-revue" consacrée à la vie au camp - comédie loufoque et en même temps analyse lucide de l'univers concentrationnaire. Faire mieux comprendre à ses compagnes d'infortune la situation dans laquelle elles se trouvent tout en les faisant rire, tel est le but que se donne - et qu'atteint - cette oeuvre insolite: voir son propre malheur à distance permet de mieux lui résister.
Dans cette opérette, les dialogues sont entrecoupés de danses et de chansonnettes, inspirées de mélodies connues à l'époque (chansons populaires, airs d'opéra ou marches militaires). En fin de volumesont données les références musicales dont sont issus ces airs : Au clair de la lune, Et l'on s'en fout d'attraper la vérole, des extraits de Phi-Phi, Irène, La fille de Madame Angot, Le roi d'Ys, Ciboulette, Orphée... Parmi ceux-ci, on trouve même la chanson Travaillons, ma mie, en chantant d'Emile Jaques-Dalcroze reprise avec les paroles Tuyautons, ma mie, en chantant !
Représentation au Théâtre Graslin, Nantes, 2011
En 2007, pour les 100 ans de sa créatrice, Verfügbar aux Enfers est mis en scène au Théâtre du Châtelet. En 2015, 7 ans après sa mort, Germaine Tillion entre au Panthéon.
Cette année, pour la Fête de la musique, La Musicale « en pince » pour la guitare. Une riche collection de partitions et un public adepte de guitare ont orienté le programme musical vers cet instrument. Rock festif, classique, folk américain, musique espagnole : voici un joli survol de ce répertoire le temps de 4 concerts.
Samedi 23 juin 2018 15h Les ConSonants (Ludivine, Allan et YannZik) Chanson caustico-loufoque Seuls représentants dans leur genre, ils débarquent à 2 ou 3 et moult instruments pour faire danser vos pieds et tournoyer vos idées 16h30 Alessio Nebiolo Guitare classique Variations sur des thèmes d’opéra, de la virtuosité de Paganini jusqu’aux danses populaires espagnoles en passant par les romances de la Belle Epoque 18h The Long John Brother (Sylvain Demierre, Mathieu Epiney, Sylvain Merminod, Jean-Michel Pache et Olivier Uldry) Bluegrass Des cordes, du bois et de la musique descendue des Appalaches aux grandes plaines, entonnée à plein poumons sous un déluge acoustique country et gospel 19h30 Duo Calderón (Catherine et Manuel Calderón) Chant et guitare classique La passion du poète Garcia Lorca fut de recueillir et harmoniser d’anciennes chansons populaires espagnoles qui sont le point de départ du duo Calderón
Clin d'oeil La bibliothèque profite de cette occasion pour faire un clin d'oeil à la guitare dans les vitrines de sa salle de lecture et de son libre accès. Les thèmes comme les notations musicales pour la guitare, les grands guitaristes, quelques oeuvres incontournables, le flamenco et le jazz manouche sont abordés ici. Sont également mis en avant quelques guitaristes de la place comme Francisco Herrera - qui a légué à la bibliothèque sa riche collection de partitions pour guitare -, Christophe Leu, Dusan Bogdanovic, Jean-François Matthieu et José de Azpiazu - professeur de Johnny Hallyday lors de son séjour à Genève !
Le pianiste Brad Mehldau, improvisateur de génie, intitule son dernier album After Bach*! L'album contient des préludes, une fugue du Clavier bien tempéré et des improvisations et le projet remonte à 2015 sous le nom de Three pieces after Bach. Cette série de concerts fut saluée par les critiques - John Fordham de The Guardian (18.12.2015) allant jusqu'à dire que Bach lui-même aurait applaudi devant cet équilibre entre espace et intensité.
On peut citer également le dernier numéro (no 705) de Jazz Magazinedisponible sur nos rayonnages :
On ressort profondément ému de l'écoute d'un tel album. Ascétique, l'expression atteint à une véritable dimension spirituelle (et non religieuse) dont Praying for Healing constitue l'acmé, développement choral grandiose - et non grandiloquent. Un peu comme certaines expositions où l'on place Dali à côté de Jérôme Bosch, cet album consiste en une mise en regard de deux génies pour un résultat qui dépasse, ou déborde, les genres. Ni jazz, ni classique : de l'extraordinaire musique tout simplement. (L. Florin)
* Ce billet est un ptit clin d'oeil au programme de cette année consacré entièrement au maître des Variations Goldberg par Claudio Chiacchiari pour Saisir le temps® ! Après Bach, quel programme sera concocté pour la saison prochaine ?
Cela dépend tout de l'âge que vous avez, pour certains Jordan, c'est Armin, ... et pour d'autres Philippe ! Directeur artistique de l'Opéra de Paris depuis 2009 Philippe Jordan est aussi actif à Vienne, comme le fut Gustav Mahler.
Jean-Stéphane Bron a fréquenté l'Opéra de Paris pour un film éponyme dont nous avons déjà parlé. Nous le retrouvons avec Philippe Jordan lors de répétitions.
Vers le silence de Jean-Stéphane Bron (2018)
Récompensé cet hiver avec le Quartz du meilleur documentaire suisse, on sent le réalisateur renanais très investi dans son travail d'observateur. Pour ce court métrage, une seule idée. Comment travailler avec un imposant orchestre symphonique sur la disparition de la matière sonore ou par quel moyen tenir en haleine une salle entière au bord d'un gouffre de silence ? Il explique ici son regard sur l'orchestre, sur le travail du chef d'orchestre et il nous fait part de son souci de sincérité. Parmi les nombreuses analyses faites sur cette 9ème symphonie, nous vous proposons celle de Wolf Rosenberg, spécialiste de Mahler. Il détaille avec soin la nomenclature utilisée par Mahler dans les dernières mesures, de l'"Adagissimo" au "ersterbend" final.
Si les silences retenus de Philippe Jordan vous ont séduits, vous aurez tout prochainement l'occasion d'aller l'écouter avec l'Orchestre symphonique de Vienne. Le concert aura lieu le 10 juin au Victoria Hall : au programme Richard Strauss.