lundi 12 septembre 2016

Un petit refrain pour la rentrée

Camille Laurens dans son essai Encore et jamais évoque les variations et les motifs répétés de nos vies, auxquels on ne peut échapper. D'un chapitre à l'autre, l'auteure aborde aussi toutes formes de répétitions artistiques qui l'attirent. Elle s'en explique ci-dessous :




Un chapitre est consacré aux refrains de chansons dont le titre Da capo traduit bien cette idée de va-et-vient temporel.

J'ai une passion pour les chansons, les refrains [...]. Le refrain fait effraction dans la continuité des jours qui passent, il joue son rôle de madeleine trempée dans le passé, convoquant sans crier gare notre mémoire involontaire [...]. Moi, en ce moment, j'ai deux refrains dans la tête. L'un est de Charles Aznavour, emmenez-moi au pays des merveilles, je le chante à personne, mais tout le temps : à force de le fredonner entre mes dents, je vais bien finir par l'envoyer trotter dans la mémoire d'un autre - un refrain c'est pédagogique. Je me passe aussi Revivre de Gérard Manset, on voudrait vivre encore la même chose, le temps n'est pas venu qu'on se repose. Il faut refaire encore ce que l'on aime. C'est une chanson triste, presque tragique, mais sa répétition est heureuse. Elle revient sur la fuite du temps, on s'y revoit saumon qui monte et qui descend, on se voit se lever, recommencer, sentir monter la sève, mais ça ne se peut pas, non ça ne se peut pas, martèle Manset, coupé net, arrêté dans l'élan, ça ne se peut. Mais si, ça se peut. Bien sûr que ça se peut. Il suffit de remettre la chanson au début. (pp. 68-71)
Afin de fredonner vous aussi quelque refrain, venez fouiner dans les rayons, et là laissez-vous aller aux émotions car comme le dit Annie Ernaux : La chanson est le sentiment heureux du temps. Et, puisque c'est la rentrée : un p'tit refrain pour la journée !


Disponibilité (Encore et jamais)
Disponibilité 
Muriel

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