lundi 23 juillet 2012

Lecture estivale (2)

 cop. J.P. Guilloteau/L'Express

Jonathan Coe, écrivain et nouvelliste britannique a un rapport privilégié avec la musique*. Musicien de rock, il est féru de cinéma et même reconnu comme tel en participant à des jurys internationaux de festivals de films (Venise, Edinbourgh).

Version originale, une des quatre nouvelles de Désaccords imparfaits, sortie ce printemps en français, entremêle ces deux thèmes puisque le héros William est compositeur de musique de films oeuvrant comme membre d'un jury pour un festival de films d'horreur en France. On sent le vécu de Jonathan Coe et on se régale...

"A l'heure où je vous parle, lui disait-elle, pas moyen d'être sûre qu'ils vont publier cet article, et vous savez, c'est contrariant pour vous, qui avez bien voulu m'accorder cet entretien, mais ça l'est aussi pour moi ; c'est vraiment beaucoup de travail de transcrire tout ça et de le rédiger ensuite, pour s'entendre dire qu'il s ne sont pas preneurs, finalement.
William lui adressa son sourire d'autodérision si bien rodé et lui dit : "Vous allez me faire regretter de n'être pas plus célèbre ; je suis sûr que si vous aviez interviewé Jerry Goldsmith ou bien Michael Nyman...
 - Non, pas du tout. Je vous assure que vos musiques de film sont très connues en France. Elles ont beaucoup de succès. Non, c'est simplement que..." Elle secoua la tête, les yeux dans le vague, d'un air mélancolique. "On ne sait jamais sur quel pied danser avec ces gens, ils vous disent ceci en pensant cela.
 J'aurais plaisir à parler avec vous, avec ou sans article à la clé."
Désaccords imparfaits, p. 57-58, Ed. Gallimard, 2012
* Dans son studio de Chelsea, une table pour écrire, et deux guitares et un piano lui tiennent compagnie.

Disponibilité
Disponibilité (musique de film)
Muriel

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