jeudi 25 avril 2013

Si lointaine, sa voix

cop. Jean-Rémy Berthoud (Ed. Papillon)

Depuis la disparition d'Eric Gaudibert en juin dernier, des hommages se succèdent, permettant de retrouver le compositeur genevois à travers sa musique et ses témoignages. L'émission Musique d'avenir d'Espace2 (diffusée le 8 juillet dernier) permet à l'auditeur de confronter musique et commentaires, comme pour la pièce composée pour l'alto d'Anna Spina A... in wonderland.

C'est à présent au tour de la Haute Ecole de Musique de Genève de lui dédier son prochain concert dimanche 28 avril, avec l'Ensemble contemporain conduit par Jean-Jacques Balet. L'Ensemble Polhymnia se joindra à eux*.

Cet ensemble composé de voix de femmes est un interprète privilégié d'Eric Gaudibert et commanditaire de Si lointaine, sa voix, pièce pour choeur de femmes, flûte à bec et orgue, viole de gambe, orgue et composée sur des poèmes de François Debluë (tiré du recueil De la mort prochaine). Elle comprend trois parties : D'un visage endormi, Petit testament et D'une étoile noire. Eric Gaudibert explique sa démarche par rapport au projet de Polhymnia:

Cette nouvelle création commandée par le chœur Polhymnia représente un défi passionnant à relever : celui d'être placé en regard du grand compositeur de la fin du dix-septième siècle français, Marc-Antoine Charpentier.
Il y a un certain nombre d'années, une telle proposition ne m'aurait guère intéressé, car toute mon attention était concentrée sur la recherche d'un langage personnel. Aujourd'hui il m'est tout à fait possible d'intégrer dans une pensée actuelle un langage tonal ou modal et de le façonner selon mon idéal.

Le poète François Debluë témoigne avec finesse de l'approche du compositeur:

Plus récemment enfin (en 2011), pour répondre à une proposition du Choeur
Polhymnia et de son chef, Frank Marcon, Eric Gaudibert a recours à des pages
d’un de mes derniers livres, De la mort prochaine. Faut-il y voir, après coup,
quelque secrète intuition ? Ce qui est probable, c’est que la conscience de la
finitude lui était depuis longtemps familière. L’oeuvre prendra le titre de Si
lointaine, sa voix. 


Enfin, parmi les élèves d'Eric Gaudibert, Xavier Dayer témoignait à propos de Gong pour piano concertant et ensemble, créé en mars 2012 au Festival Archipel (Le Temps, 30 juin 2012):
  
J'y ai entendu une dimension tragique, comme une prémonition. Il y avait là comme une synthèse de son parcours de vie. Au-delà de la tristesse de son départ, j'ai l'impression qu'il était allé au bout de son cheminement musical, et qu'il a pu dire au revoir avec hauteur.

* Un second concert aura lieu au Temple de Versoix le 5 mai à 17h.
Les deux premières citations sont issues du site de l'Ensemble Polhymnia.


Muriel

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