lundi 2 avril 2018

Découvertes pour les cordes

Sous cet intitulé, un article paru dans La lettre du musicien no 503 de janvier 2018 nous invite à découvrir quelques nouvelles "exhumations" éditoriales.

Debussy
Les éditions Schott publient un Nocturne pour violon et piano de Debussy dont on commémore les 100 ans de sa mort en 2018. Robert Orledge a reconstitué cette oeuvre en associant des esquisses retrouvées en 2006 à celles conservées à la BNF, qui étaient à l'origine dédiées au violoniste Eugène Ysaÿe pour lequel Debussy avant commencé à composer des "Scènes au crépuscule" et des "Nocturnes". Robert Orledge a également orchestré ce nocturne qui a été créé à Amsterdam en 2011 sous la direction du chef suisse Heinz Holliger.

Saint-Saëns
On connaît deux sonates pour violoncelle et piano de Saint-Saëns. Mais en 1996, une troisième sonate est découverte dans des papiers donnés au Musée de Dieppe, ville où le compositeur a habité. Saint-Saëns débute sa sonate pendant la première Guerre mondiale mais a du mal à trouver l'inspiration ("Voilà plus de 60 ans que la source coule, elle a bien le droit de ne plus être aussi abondante."). En 1917, au moment de la mort du dédicataire, le violoncelliste Pierre Destombes, elle est encore inachevée.

Denis Herlin, qui édite cette sonate chez Bärenreiter dans le cadre de la nouvelle édition des oeuvres instrumentales du compositeur, l'a laissée incomplète, telle que retrouvée, s'achevant abruptement avant la fin du deuxième mouvement. Pourtant, selon des échanges épistolaires entre le compositeur et l'écrivain Pierre Aguétant, la sonate comportait quatre mouvements. Saint-Saëns avait même dû la réécrire en l'espace de 24 heures, le manuscrit ayant été perdu la veille d'un concert par le violoncelliste devant l'interpréter. "Ce fut un mal pour un bien, car la nouvelle copie, bien que faite en grande vitesse, se trouva plus belle que n'avait été la première". Peut-être qu'un jour ce manuscrit perdu réapparaîtra, dans sa totalité.

"Soirée pour Camille" : 
entretien avec Denis Herlin, éditeur scientifique  
Penderecki
Ni perte ni retrouvailles pour cette oeuvre, il s'agit "seulement" d'une création parue aux éditions Schott. Krzysztof Penderecki a composé La follia pour la violoniste Anne-Sophie Mutter en 2013. Neuf variations suivent un thème proche de celui ayant inspiré de nombreux compositeurs, de Liszt à Rachmaninov. C'est un vrai défi pour le violoniste, pas seulement en matière de virtuosité, mais aussi parce que ces variations demandent "un sens de la construction et du chant polyphonique à la manière de Bach."

A vos archets !

Disponibilité Debussy
Disponibilité Saint-Saëns
Disponibilité Penderecki
Fabienne

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