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jeudi 19 avril 2012

BAC 2012 : Musique !

C'est le dernier moment pour réviser avant les épreuves "musique" du baccalauréat ! Comme chaque année L'éducation musicale publie un supplément de sa revue consacré à l'analyse des oeuvres étudiées par les lycéens pour cet examen.

Arrêtons-nous sur l'une d'entre elle : Color

   Oeuvre contemporaine du compositeur français Marc-André Dalbavie, Color s'inspire des rotoreliefs de Marcel Duchamp, oeuvre graphique reproduite sur la pochette du CD : un disque de carton sérigraphié avec des spirales colorées. Lorsque le carton est placé sur un tourne disque, l'image en tournant donne une impression de relief. La musique de Dalbavie cherche à reproduire cette ligne de progression vers une densité sonore, dans une transformation continue graduelle du matériau musical.
Rotorelief de Marcel Duchamp

Ecrite pour un orchestre symphonique de grand effectif (la partition n'indique pas moins de 23 instruments à vents, 3 percussionnistes, une harpe, un piano et des cordes), l'oeuvre est à la fois "classique" par son instrumentation traditionnelle, tout en intégrant les concepts de la musique spectrale, axée sur l'exploration des timbres, ainsi que la propagation des sons par résonance et réverbération. (La musique spectrale se fonde sur les propriétés acoustiques du son, sa relation au temps et la perception musicale.)


Color à écouter intégralement ici, même si on déplore l'absence de mention des sources de cet enregistrement...



Disponibilité : Partition de Color
Disponibilité : L'éducation musicale, suppl. BAC 2012


Tullia

mardi 10 avril 2012

Tango apasionado

Le tango est né à la fin du 19ème siècle dans les bas-fonds de Buenos Aires en Argentine et de Montevideo en Uruguay – le Rio de la Plata. Il est issu essentiellement du métissage de trois danses : le candombé dansé par les esclaves noirs, très rythmé et parlant de la misère d'un peuple, la habanera d'origine cubano-espagnole, et la milonga venue de la pampa argentine.

Le Buenos Aires de cette époque voit croître une population aux origines étrangères très diverses liées à l’immigration extra-Argentine – notamment espagnole, italienne, française, allemande, polonaise, russe, ukrainienne – et autochtone – les habitants de la pampa environnante poussés vers les villes. Le répertoire  musical de l’époque comprend soit, pour les uns, des valses, polkas, mazurkas, galops, scottisch, soit des matchiches brésiliennes, des danzas et habaneras cubaines.

Le tango constitue donc un carrefour de cultures diverses. C’est une musique sur laquelle on danse dans les « lisières » de la ville (orillas), avec tout ce que cela sous-entend d’origines sociales troubles, d’associations avec la pauvreté, la misère, la marginalité. Le tango est devenu le confident du petit peuple et les textes le porte-parole des malheureux, exploités ou opprimés. Ce sont des cris de révolte, mais également des histoires d’amour, où la sensualité, l’infidélité, la rupture côtoient les drames et parfois la mort.

Il lui sera difficile d’obtenir une certaine respectabilité, comme cela aura été le lot de presque toutes les danses et musiques depuis le 16ème siècle (la sarabande, la chaconne, le fandango, le boléro, la rumba…), issues de ce qu’on appelait autrefois les Indes. Considérées comme l’œuvre du Diable et d’autant plus damnées car elles étaient des danses sensuelles et érotiques. Mais c’est aussi là toute leur fascination !

Tango international

Au début du 20ème siècle, le tango traverse l’Atlantique en même temps que les jeunes hommes de bonne famille ayant découvert cette danse mais trop immorale pour pouvoir la danser dans leur milieu. Ils initient la société parisienne au tango qui trouve un succès inattendu à partir de 1910, et dans le reste de l’Europe pendant la guerre de 14-18. Le tango acquière ainsi ses lettres de noblesse et grâce à cette aura européenne, il se diffuse dans la bonne société argentine et uruguayenne, en retournant sur ses terres natales.


Mais c’est aussi l’apparition des gigolos gominés, vrais ou faux Argentins, qui fournissent l’image internationale du danseur de tango. L’un d’entre eux, Rudolf Valentino, aboutit à Hollywood et devient le modèle du Latin lover. Le tango authentique va céder la place à ces bâtards européens et ces produits made in USA. Après la crise de 1929, le tango originel se démode assez fortement en Europe, et se transforme pour s'intégrer aux danses de salon, aux danses musettes et en tant que danse standard aux danses de compétition.

Une pensée triste qui se danse

Pour en savoir plus sur le tango, qui a fait bien du chemin depuis son apparition dans les bordels du Rio de la Plata, sur ses origines inspirées de la milonga jusqu’au tango nuevo de Piazzolla – dont nous commémorons les 20 ans de sa mort – et sur différents tangueros, venez découvrir la nouvelle exposition de la Bibliothèque musicale. Réservez également votre samedi 23 juin pour la Fête de la musique : nous vous promettons des animations autour de "cette pensée triste qui se danse".

Disponibilité (partitions de tango)
Fabienne

jeudi 5 avril 2012

Le Chevalier à la Rose

Un sublime trio de voix de femmes, à la fin de l'opéra de Richard Strauss, réunit une maréchale mélancolique, son jeune amant Octavian, le fameux chevalier à la rose, ainsi que Sophie, la juvénile amoureuse de celui-ci. Un grand moment d'émotion à vivre au Grand Théâtre de Genève jusqu'au 12 avril.

A la Bibliothèque musicale, découvrez les planches illustrées des costumes et personnages de cet opéra, tels que les a imaginés Alfred Roller pour la création de l'oeuvre à Dresden, en 1911. Richard Strauss a commencé à composer la musique de son opéra Der Rosenkavalier en étroite collaboration avec son librettiste Hugo von Hoffmannsthal, et, chose rare, déjà à partir de 1909, les costumes commencent à être dessinés, en même temps que la génèse de l'oeuvre.
Le chevalier à la rose
Sophie
La maréchale

Une cinquantaine d'esquisses en couleurs du Chevalier à la rose, ont été réimprimées, d'après l'édition originale de 1910, pour accompagner la Richard Strauss Edition des oeuvres complètes du compositeur. 
(cop.1996 Verlag Richard Strauss, Wien)

Disponibilité Der Rosenkavalier
Tullia

lundi 26 mars 2012

Un peu de poésie avec Nicolas Fraissinet

Jeune chanteur  de talent et déjà renommé dans la musique actuelle française, Nicolas Fraissinet garde une attitude des plus discrètes et modestes face aux medias.
Merveilleux poète dans l’âme et sur scène, il laisse courir ses doigts sur le clavier et nous envoûte par sa voix dans un élan de charme et de douceur.
C’est son amour pour la narration et sa passion pour le piano qui le poussent à l’écriture et à l’interprétation parfois fiévreuse mais toujours vraie de ses paroles et de sa musique.


Après la valse des concerts de son premier album « Courants d’air », l’auteur-compositeur-interprète Nicolas Fraissinet a sublimé ses talents de parolier avec son dernier album sorti en mars 2011.
Se dévoilant en 15 titres, « Les métamorphoses » apparaissent comme autant de transitions possibles qu’expérimenterait une existence, des mutations qui révèlent parfois des états d’entre-deux fragiles ou violents selon.


Connu pour ses prestations scéniques de « proximité » avec son public, Nicolas Fraissinet n’hésite pas à participer à des soirées  en faveur d’action humanitaire.

Venez donc le découvrir le vendredi 30 mars 2012 à 20h
 à la Salle communale d'Onex lors d'un concert en faveur de

Patricia

                            

lundi 19 mars 2012

Les 20 ans d'Archipel et le son des autres

Le premier week-end d’Archipel sera consacré à ce frottement d’où naît l’étincelle de nouvelles formes. La narration organise le contact. La parole opère le frottement. La scène en est l’écrin.

Marc Texier, directeur d'Archipel, festival des musiques d'aujourd'hui présente l'ouverture de la manifestation (les 3 premiers jours) sous le titre de Fictions durant lesquelles, entre autre, plusieurs hommages seront rendus.

Deux hommages à des compositeurs. Le premier célèbre l'oeuvre de Maurice Ohana vendredi soir par une soirée au très beau titre : Ce qu'a vu le vent du Sud. Le second fête le centième anniversaire de John Cage autour d'un piano. Le concert Préparation du hasard dimanche soir alternera des pièces de Cage et de sept autres compositeurs. Ces derniers lui rendront hommage en écrivant pour son piano préparé, tel qu'il l'avait pensé en 1940 !


Le troisième hommage nous concerne tous. Il célèbre nos souvenirs, la mémoire de chacun. Une cinquantaine de souvenirs ont été repensé musicalement par Pierre Jodlowski.
 

 Dans l'évolution de mon travail, j'attache, avec le temps, une importance fondamentale à la question de la mémoire. Individuelle ou collective: elle occupe, dans mon imaginaire musical, l'axe de structuration mentale qui fonde l'énergie initiale et la condition de l'existence d'un oeuvre.   
Passage de Pierre Jodlowski                

Le visiteur agira dans le "tunnel" comme le diamant sur les sillons d'un vinyl. La variation des souvenirs sera donc infinie et se réalisera selon la position du visiteur, sa vitesse, ses arrêts. Chaque passage sera donc unique, mais pourra se renouveler sans fin... dès l'ouverture du festival et jusqu'au 1er avril !

Toute proche du festival, parallèlement au festival, ce sont les derniers jours de l'exposition Cage by Cage à la bibliothèque, profitez de cette occasion pour venir la découvrir ! 

Disponibilité (Cage)

Le Mag du Courrier (17.03.2012)

* échos ici même dès le 2 avril 
Muriel

jeudi 15 mars 2012

Opéra et politique

John Adams en couverture d'Opéra magazine
cop. M. Mitchell
 
Le couple Cinéma et Politique ou encore celui de Littérature et Politique semble familier... mais mon regard s'est arrêté quand j'ai aperçu, sur la couverture du dernier Avant-Scène Opéra, le salut d'un président des Etats-Unis perché en haut de l'escalator, à sa sortie d'avion. L'image d'actualité me semblait sortie de son contexte.


Mes yeux ne m'avaient pas trompé : L'opéra de John Adams fait "la Une" des magazines ce printemps. Pourtant, le compositeur, lui-même confie dans l'interview qu'il accorde ce mois à Opéra magazine:

Dès notre première rencontre [avec le metteur en scène Peter Sellars, début des années 80], il m'a parlé d'un projet dont il avait déjà le titre : Nixon in China. Avec l'expérience dont je disposais alors, j'ai douté de ma capacité à écrire un opéra. J'avais également du mal à croire qu'un ouvrage lyrique pourrait traiter d'un tel sujet. Je prenais Richard Nixon pour un dangereux guignol et il représentait tout ce que je détestais politiquement ! Mais la suite a prouvé que Peter avait vu juste, en dégageant la dimension mythique de l'événement constitué par le premier voyage d'un président des Etats-Unis en Chine, en 1972.
[p. 22 du no 71 de: Opéra, l'actualité internationale de l'art lyrique]

L'opéra fut créé en 1987 avec James Maddalena dans le rôle titre. Depuis, il est créé régulièrement sur les grandes scènes lyriques. L'an pasé, le Metropolitan Opera a accueilli John Adams pour diriger Nixon in China. James Maddalena et Peter Sellars étaient toujours dans la distribution. Le mois prochain, c'est à Paris qu'il faut se rendre si on veut entendre Nixon in China. 


C'est à cette occasion que la collection Avant-Scène Opéra édite un numéro consacré à l'opéra de John Adams. Cette collection prisée des mélomanes abonde d'informations, et propose livret et analyse facilitant l'abord de l'art lyrique. Vous la trouverez dans notre salle de lecture aux côtés d'une cinquantaine d'autres revues.

Disponibilité (Avant-Scène Opéra : Nixon in China)

Disponibilité (John Adams)
 Muriel

lundi 5 mars 2012

Le cartable rythmique

Même si vous n'êtes pas musiciens, je suis certaine que vous possédez plein d'instruments de musique chez vous... sans le savoir. Vous devez bien avoir quelques crayons, règles, paires de ciseaux et capuchons de stylos, non ?

En sortant tout cet attirail de vos tiroirs, en y ajoutant quelques notions de rythme, vous pouvez jouer les partitions proposées dans "Le cartable rythmique". En classe, entre amis, ce sont de sympathiques petites pièces à interpréter.

Un disque accompagne la partition : une version originale pour vous faire une idée du résultat, et une version play-back pour jouer sur un fond sonore.

Envie d''écouter un trio pour règle, ciseaux et crayons ? Oui!

Comme le souligne dans la préface Guillaume Saint-James, auteur de la partition, "écouter son environnement sonore sans barrière stylistique et sans apriori constitue la première étape pour devenir un musicien curieux et complet. (...) Ainsi n'importe quel hasard rythmique issu de la nature peut être source d'inspiration pour un musicien."

Et si vous préférez la version ustensiles de cuisine, c'est possible avec un autre volume du même auteur : "Cuisik".

Amusez-vous bien !


Fabienne