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jeudi 11 avril 2013

L'Aiglon à deux têtes

Le 3 mars dernier, cela faisait juste soixante ans que l'Aiglon de Jacques Ibert et Arthur Honegger fut joué pour la première fois à Genève sur la scène du Grand-Casino ! Le rôle-titre était alors confié à Monique Florence de Bordeaux, sous la direction de Samuel Baud-Bovy. L'Opéra de Lausanne a l'opportunité de le présenter à nouveau au public romand pour quatre représentations fin avril. Dans le Scènes Magazine de ce mois, Eric Pousaz lui consacre un article.
Officiellement, on ne connaît pas le détail de la collaboration des deux musiciens. Certains prétendent que Jacques Ibert a écrit la musique des actes I et V, alors que Honegger se serait concentré sur les trois actes centraux. D'autres penchent plutôt pour une répartition du travail liée aux divers climats du livret : Ibert se serait attelé aux scènes sentimentales tandis que son compère se serait intéressé aux scènes plus épiques, comme la fameuse évocation de la bataille de Wagram. Quoiqu'il en soit, aux yeux de Renée Auphan (qui est chargée de la reprise lausannoise d'un spectacle conçu à l'origine pour l'Opéra de Marseillle), l'ouvrage est suffisamment fort et prenant pour que cette question de paternité soit d'un intérêt finalement secondaire.
L'auteur s'entretient ensuite avec la metteuse en scène qui reprend le travail fait à Marseille en 2004 par un second duo : Patrice Caurier et Moshe Leiser [elle était alors à la tête de l'institution marseillaise]. Quant à la distribution, elle nous permettra d'apprécier le talent de Carine Séchaye dans le rôle titre, le Duc de Reichstadt.

 Production Marseille 2004, cop. Ch. Dresse

Et, si vous voulez en savoir davantage avant les représentations de fin avril, Monsieur Jacques Tchamkerten donnera une conférence aujourd'hui à 18h45 dans le cadre de Forum Opéra de l'Opéra de Lausanne.

Disponibilité de Scènes magazine

Disponibilité du livret

Muriel

lundi 25 mars 2013

Régime chanteur


Dans l'ouvrage de Fabrice Laigle "Bien débuter le chant", dernièrement acquis par la bibliothèque, quelques conseils sont donnés aux chanteurs dans l'ultime chapitre en matière d'alimentation. Tout comme les sportifs, les chanteurs doivent entretenir leur corps d'une façon rigoureuse et soigner tout particulièrement leurs cordes vocales. En plus de craindre le froid, l'humidité, la climatisation, le manque de sommeil et le tabac, celles-ci ont besoin d'une alimentation appropriée.

Les aliments conseillés :
Fruits, légumes et féculents, dont la fonction de nettoyage est excellente pour l'oesophage, rien ne reste accroché à la gorge autour des cordes vocales.
Viande rouge, à griller, sans graisse : donne beaucoup d'énergie.
Poisson : énergétique, léger et facile à digérer.
Fromage à pâte cuite.
Desserts : fruits et glaces, mais aussi crèmes caramel, vanille, etc.
Boissons : thé, vin rouge (en petite quantité et de bonne qualité !), champagne (pour ceux qui en ont les moyens), le Coca Cola et les jus de fruits concentrés.

Et pour ce qui est déconseillé, entre autres, les fromages au lait cru et à base de moisissure à cause des bactéries qui s'obstinent à retenir des glaires qui se transforment très facilement en rhume et autres bronchites, qui encombrent la gorge et rendent la vie impossible aux cordes vocales, les empêchant de vibrer. Pareil pour la bière, qui a les mêmes facultés !

Bien évidemment, en dehors de ces conseils gastronomiques, vous trouverez des chapitres sur les bases théoriques, le souffle, le grain (à manger aussi ?), le timbre, l'articulation, la mélodie, l'improvisation, la personnalisation du chant, avec de nombreux exemples, exercices et playbacks. Tout un menu ! Bon appétit !

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Fabienne


vendredi 22 mars 2013

Prix de la meilleure musique de films suisses


La remise des prix du cinéma suisse aura lieu demain soir, samedi 23 mars 2013, au Bâtiment des forces motrices. Parmi les films nominés - l'événement de cette semaine se nomme "semaine des nominés" - se trouvent bien naturellement des films qui concourent pour la meilleure musique de film. Les compositeurs sont Olivia Pedroli pour Hiver nomade (Manuel von Stürler), Peter Scherer pour More than honey (Markus Imhoof) et Gabriel Scotti et Vincent Hänni pour The end of time (Peter Mettler).

Peut-être que Gabriel Scotti et Vincent Hänni vont remporter le prix... et pas seulement parce que la musique est intrinsèquement liée à la dimension temporelle... 
La bibliothèque ne possède pas (encore !) de partitions de ces compositeurs, mais le réseau romand vous propose quelques documents afin de les découvrir !


O. Pedroli :
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P. Scherer
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G. Scotti
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V. Hänni
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jeudi 14 mars 2013

Mani Matter

Mani Matter reste l’un des chansonniers et poètes patoisants les plus populaires de Suisse, connu aussi pour être un penseur critique et non conventionnel, ainsi qu’un intellectuel engagé. Son humour, son imagination, son don de l'observation et sa maîtrise de la langue lui valent une place de choix dans le panthéon des artistes suisses du XXe siècle. Le Bernois a en effet laissé une oeuvre considérable. Ses chansons figurent parmi les plus vendues depuis des décennies, sont chantées à l’école et ont les faveurs de toutes les générations. De nouvelles versions sont encore produites de nos jours.      
                                                       
                                                    

Court mais bon

Né à Berne en 1936, Mani Matter travaille comme juriste dans l'administration de sa ville et enseigne à l'Université. Après avoir joué avec les "Berner Troubadours", ce n'est qu'en 1971 qu'il commence sa carrière solo, qui sera fulgurante et courte car malheureusement il disparaît en 1972 dans un accident de la route.

Malgré cela, la mémoire de ce "Brassens du dialecte bernois" va perdurer vu qu'il figure dans la liste des traditions vivantes en Suisse, représentative du patrimoine culturel immatériel de toutes les régions de Suisse. La Bibliothèque nationale suisse conserve également le Fonds Mani Matter. Plusieurs expositions ont eu lieu dernièrement au musée national de Zürich et au musée d'histoire de Berne.

Bim Coiffeur (1970) : suivez les paroles en cliquant sur Plus !



Fabienne

vendredi 8 mars 2013

Musique orchestrale au féminin

En Suisse une association s'occupe de longue date de promouvoir la musique au féminin. Remarquant la difficulté pour les orchestres et les agences de concerts de dénicher les oeuvres sous l'angle du genre, l'association a eu l'heureuse idée de publier un guide des oeuvres orchestrales composées par des femmes et disponibles dans le commerce soit en vente soit en location. Ce guide a été mis à jour en 2013 et est consultable à la fois en version papier à la bibliothèque ou directement en ligne sur le site du Forum Diversité Musicale.

Le panorama de la musique orchestrale au féminin est large puisque ce répertoire propose pas moins de 760 oeuvres réparties sur quatre siècles, toutes éditées en partitions disponibles pour des exécutions en concert. A côté des plus connues comme Clara Schumann, Germaine Tailleferre et Kaija Saariaho, on découvre des compositrices pour la première fois, par exemple la jeune suissesse Caroline Charrière, née en 1960, Maria Anna Martines (1744-1812) et Marta Ptaszynska, polonaise renommée aux Etats-Unis.

 Caroline Charrière, une compositrice suisse

L'idée du répertoire est avant tout de mettre en avant les oeuvres orchestrales de tous effectifs : orchestre à cordes, grand orchestre, oeuvres concertantes avec solistes instrumentaux ou vocaux, musique de scène... Il démontre que le répertoire féminin ne se limite pas à la musique de chambre ou à des oeuvres mineures jouées dans les salons.

A bonne entendeuse !

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Tullia




mardi 19 février 2013

Musique tissée

Les similitudes d’écriture entre la musique et les tissus ont poussé Nicole Rosa à transcrire des partitions sur métier à tisser.

Gamme de do majeur
 
Nicole Rosa a été formée de 1975 à 1978 par Ursus, un tisserand lyonnais. Après cette formation, la vie l’a menée sur d’autres chemins sans que l’envie de tisser ne la quitte. En 2008, elle reprend son activité avec le projet de tisser de la musique en utilisant les similitudes d’écriture existant entre ces deux arts. Cinq ans après, grâce à l’accueil chaleureux qui lui a été fait à la Bibliothèque musicale, elle a le plaisir de vous présenter le résultat de son travail… en espérant que vous y prendrez plaisir !

Mozart : Concerto pour flûte en ré majeur KV 314


Fabienne

lundi 4 février 2013

Jeune centenaire

Ce ne sera pas tout à fait la date anniversaire, mais dans quelques jours, le Ballet du Grand Théâtre présentera le Sacre du Printemps d'Igor Stravinski. La chorégraphie est signée par Andonis Foniadakis grand habitué du BFM et dont le public genevois a pu apprécier l'an passé le travail sur des musiques de Haendel.

En 1913, musicalement, la partition d'Igor Stravinski a défrayé les chroniques. La chorégraphie aussi. Après la première dirigée par Pierre Monteux, dansée par les Ballets russes avec une chorégraphie de Vaslav Nijinski, P. Lalo écrit :
  
Il n'y a pas, dans tout le Sacre du Printemps une seule ligne, un seul mouvement d'un seul personnage qui ait une apparence de grâce, d'élégance, de légèreté, de noblesse, d'expression : tout est laid, lourdement, platement et uniformément laid.

Stravinski lui-même, devant la vulnérabilité des chorégraphes face à la partition, doutait parfois qu'elle fut écrite pour la danse. 
Durant cinquante ans, six chorégraphes se sont succédé sur la scène genevoise pour monter Le Sacre. Pour certains d'entre eux, cette oeuvre reste une référence majeure dans leur carrière : Maurice Béjart (1962), John Neumeier (2000, 2005), Pina Bausch (2002) et Andonis Foniadakis déjà en 2007.

Voici quelques propos de ce dernier sur le Sacre :

Que raconte l'argument original du Sacre ? Le sacrifice d'une vierge pour permettre le retour du printemps. La métaphore est claire et m'a conduit à concentrer l'essentiel de ce ballet sur l'idée du féminin, de sa présence, de son énergie qui perpétue la vie. L'"élue", je ne la traite donc pas exactement comme le scénario original le prévoit, mais en essayant de transmettre la manière dont je ressens cette musique. La partition de Stravinski possède une dimension érotique et sexuelle. Il est passionnant de projeter cette force sur des formes féminines. D'autant que la femme est aussi la figure par excellence de l'altérité : elle m'est un "corps étranger", j'essaie donc de me pencher sur elle, de découvrir l'énergie qui n'appartient qu'à elle. (Propos recueillis par Alain Perroux, Grand Théâtre, oct. 2007)

En attendant de découvrir sa nouvelle vision de l'Elue en février prochain, voici celle de Pina Bausch*.

L'élue par Pina Bausch


* Mentionnons que la chorégraphie de Pina Bausch, créée en 1975, est reprise par la troupe de Roger Bernat, dans le cadre du Festival Antigel, vendredi 8 et samedi 9 février prochain

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Muriel