Pages

lundi 10 octobre 2011

Sonate pour un homme bon

Pour aborder notre thème d'exposition de l'automne "Quand la musique et l'image font leur cinéma", le film de Florian Henckel von Donnersmarck Das Leben des Anderen est exemplaire. L'un des thèmes traités dans le film est la force que peut exercer la musique sur l'être humain : même un officier de la Stasi (Gerd Wiesler l'agent HGW XX/7), de par sa fonction hermétique à tout mouvement artistique n'y résistera pas. De l'agent insensible, inhumain, il se métamorphosera en "homme bon".

Gabriel Yared qu'on ne présente plus (Sauve qui peut la vie, 37°2 le matin, Le patient anglais, c'est lui) a dû être sous pression en travaillant sur La vie des autres. La Sonate pour un homme bon est LA musique qui va bouleverser l'agent de la Stasi, tout comme le fera la lecture de Brecht.

Pouvoir de la musique qui est ici souligné par la citation de Lénine à propos de l'Appassionata de Beethoven : "Si j'écoute encore cette sonate, je ne finis pas la Révolution, car qui a vraiment écouté cette musique, ne peut pas être un homme mauvais"...


Il fallait le talent et toute l'expérience de Gabriel Yared pour être à la hauteur d'une telle référence !*

La partition de la sonate de Gabriel Yared est sur nos rayons. Alors, sans provoquer de révolution, on peut espérer que les partitions qui circulent quotidiennement entre la bibliothèque et l’extérieur aient le pouvoir de résonance et de vibration, nécessaires au quotidien !

* récompensé d'ailleurs par le prix European Composer 2006. Ses partitions sont orchestrées pour les besoins du film par Stéphane Moucha

Disponibilité
Muriel 

jeudi 6 octobre 2011

Polar Music

Quel lien peut-on trouver entre la musique et le thème de la Fureur de lire de cette année : fureur noire ? Un roman policier mis en musique ? Une intrigue musicale ? Une musique donnant la chaire de poule ?

Et si on creusait du côté du polar ? Il y a bien un chanteur genevois portant ce nom, mais aucune de ses partitions sur nos rayons.

Au détour d'une recherche sur notre moteur préféré, nous trouvons une idée : le Prix Polar Music

"Le prix Polar Music (Polar Music Prize) est remis chaque année par l'Académie royale de musique de Suède afin de récompenser tout individu, groupe ou institution ayant contribué favorablement à la musique. Ce prix a été fondé en 1989, suite à une donation de Stig Anderson (1931-1997), ancien manager du groupe ABBA et fondateur du label musical Polar Music. La cérémonie de remise de cette distinction se déroule à Stockholm en mai et les lauréats reçoivent leur prix de la main de SM le roi Charles XVI Gustave de Suède. Chaque récipiendaire reçoit la somme d'un million de couronnes suédoises, soit environ 109 000 euros."

Cette année ce sont d'une part Patti Smith et d'autre part Kronos quartet qui remportent le pactole.


Ne cherchez pas : il n'existe pas de songbook de Patti Smith. Quant au Kronos quartet, nous pouvons vous prêter Different trains, pour quatuor à cordes et bande son, de Steve Reich (qui a lui aussi gagné le même prix en 2007 !). Cette oeuvre a été créée par ce quatuor en 1988 et la bande son accompagnant la partition est enregistrée par celui-ci.




Pour sûr que ce qu'évoque cette pièce - entre autres les trains transportant les déportés juifs pendant la guerre- fait froid dans le dos...


Disponibilité


Fabienne

lundi 3 octobre 2011

Musique et cinéma

Sur grand écran, l’image ne serait rien sans illustration sonore. Beaucoup de compositeurs, même certains dits « classiques », ont composé pour le 7ème art. Quant aux plus anciens qui n’auraient pas connu le cinématographe, leurs œuvres sont souvent reprises pour compléter les bandes originales. Prenons l'exemple de 2001 : l'odyssée de l'espace.

Stanley Kubrick* avait initialement choisi le début de la 3ème symphonie de Mahler comme musique principale de son film. Comme cadeau de Noël, Kubrick reçut de son beau-frère le disque Ainsi parlait Zarathoustra de Richard Strauss enregistré par l'orchestre philharmonique de Berlin conduit par Karajan. Il sut immédiatement que c'était la musique pour son film, à la place de la symphonie de Mahler. Cependant, il n'a pas pu obtenir les droits d'enregistrement de Karajan et ce fut donc la version de Böhm avec l'orchestre philharmonique de Vienne qui fut créditée au générique. Au montage, Kubrick a remplacé l'enregistrement de Böhm par celui de Karajan et personne ne l'a remarqué.


Le beau Danube bleu - de l'autre Strauss - apparaît dans 2001 : l’odyssée de l’espace pour la scène de chorégraphie spatiale. On retrouve également cette œuvre fameuse dans des films tels que : Le salaire de la peur, Titanic, Austin Powers, Chat noir, chat blanc, Good bye Lenin, 99 francs…

Quant à l'adagio de Gayaneh d’Aram Khatchaturian, on l'entend aussi dans Jeux de guerre et Aliens le retour.

Comme quoi musique et cinéma font bon ménage ! Et pour en avoir la preuve, venez voir notre petite exposition "Quand la musique et l'image font leur cinéma" jusqu'à la fin de l'année.

Disponibilité

*A lire également l'article d'Elizabeth Giuliani :"Stanley Kubrick et la musique"
Fabienne

lundi 26 septembre 2011

Une bouffée d'air vénézuélienne au Victoria Hall

L'Orchestre Symphonique de la Jeunesse vénézuélienne Simon Bolivar est le produit fini du "système" (el sistema) et sa principale vitrine internationale. C'est un réseau d'orchestres qui forme actuellement 250.000 enfants et adolescents et qui compte 50.000 professeurs de musique classique.
Depuis 30 ans, le "système" est devenu un important moyen de socialisation culturelle d'enfants et adolescents, réveillant en eux la passion pour la musique classique. Il fonctionne comme une communauté, et sous la solidarité qui caractérise son excellence pédagogique, le "système" attire les jeunes des milieux défavorisés, handicapés et même les jeunes délinquants désœuvrés.
Le "système" est considéré comme un modèle exemplaire des politiques d'inclusion et démocratisation culturelle.
L'Orchestre est issu du système national d'orchestres de jeunes et d'enfants, une fondation créée en 1976 par le directeur vénézuélien José Antonio Abreu.



L'Orchestre Symphonique de la Jeunesse Vénézuélienne Simon Bolivar donnera un concert exceptionnel le 4 octobre 2011 à Genève sous la direction du jeune chef vénézuélien Christian Vasquez. Le Victoria Hall réunira sur scène 120 musiciens et accueillera 1500 spectateurs. Sous la forme d'un tribute pour l'humanité, cet orchestre composé de jeunes gens se présente à l'occasion de la défense du Rapport vénézuélien sur les Droits de l'Homme, lors de l'Examen Périodique Universel du Conseil des Droits de l'Homme, et la somme recueillie à l'issue de ce concert sera offerte aux Fonds de Contributions Volontaires des Nations Unies pour les Victimes de la Torture.
Et pour vous mettre déjà dans l'ambiance...




Patricia

lundi 19 septembre 2011

Ayo

Il est des destins dignes de contes de fées. Celui de Ayo, révélée en 2006, reste assez unique en son genre. Une mère gitane dont elle récupère le virus du voyage et de la rencontre, et un père originaire du Nigéria, qui, émigré en Allemagne, lui transmet l’amour de la musique.

 Ayo, c’est une voix, feutrée, puissante, magnétique, qui ne demande qu’à nous émouvoir. Elle chante en anglais dans un style de musique entre le soul, funk et reggae.






Patricia

lundi 12 septembre 2011

Cairn, ou les trésors cachés en bibliothèque

 
Pour ceux qui fréquentent la montagne, le cairn aide souvent à trouver son chemin, à sortir du brouillard.

La base de données Cairn, elle, peut apporter des réponses, compléter une recherche quand les bibliothèques ne disposent pas sur leurs rayonnages de tous les ouvrages sur un sujet...

Jugez plutôt, CAIRN c'est :

une offre sous un même portail de ressources documentaires en accès gratuit et un accès aux contenus de quelques 250 revues (accès réservé) lors de la consultation depuis la bibliothèque !

Parmi les revues proposées, L'Homme, revue française d'anthropologie (créée en 1961 par Benvéniste) propose une abondance d'articles interdisciplinaires.

Vous vous intéressez à l'évolution du jazz ? Une multitude d'articles vous documentera : "Pourquoi le jazz a-t-il si bien tourné", "Des notes bleues", "Thelonious Monk, le sculpteur du silence", "Les mots du jazz" ou encore "Le jazz à la lumière de Jean-Jacques Rousseau" !

Lors de votre prochaine visite, asseyez-vous devant un ordinateur et faites le curieux ! Au besoin, nous viendrons vous aider dans toutes ces ressources cachées au premier regard...


Cairn se cache dans les ressources intéressantes  
de la page d'accueil des ordinateurs de la bibliothèque





Muriel

lundi 29 août 2011

A Amadeus, Ludwig meets Wolfgang


Le Festival Amadeus est de retour... Tous les deux ans, l'heure de la rentrée est aussi celle des rendez-vous à la Grange de la Touvière à Meinier. 

Alexandre Tharaud, l'heureux pianiste*, revient à La Touvière. A la tête du festival en tant que directeur artistique cette fois, il place généreusement sa première saison sous le signe des désirs !
Désir de dénicher de nouveaux recoins exploitant encore davantage le charme poétique des lieux, 
Désir de donner carte blanche à Jacques Rebotier - compositeur-résident cette année - pour une performance quotidienne avant ou après le spectacle,
Désir de faire correspondre des genres apparemment sans lien au prime abord:
  • concert où Scarlatti et le flamenco se rencontrent... (ne vous précipitez pas, la soirée affiche complet),
  • concert du Lever du jour qui mêlera musique et art équestre (Alexandre Tharaud et Bartabas),
  • correspondance enfin, au sens strict du terme puisque Jacques Rebotier exposera le courrier qu'il entretient depuis 1982 avec un certain Ludwig van Beethoven ! 

L'exposition est décrite ainsi sur le site du festival...

Une installation postale et sonore
Depuis 25 ans Jacques Rebotier envoie des courriers à Beethoven, dans tous les pays du monde. Dans des enveloppes à en-tête chapardées dans des administrations, théâtres, hôtels, ministères... L'intéressé est jusqu'à présent resté sourd à ces bouteilles à la mer musicale, mais les enveloppes reviennent, marquées de cachets divers : parti sans laisser d'adresse, refusé, inconnu... Sept d'entre elles portent cette mention étrange mais indéniable : décédé (vestorben, deceduto). Cette exposition est un hommage à ce postier inconnu et zélé.



recto-verso du dernier courrier en retour à l'expéditeur

Bel hommage aussi à la créativité ! Et, quiconque ayant entretenu un jour une correspondance aura le désir de courir voir ces lettres...

* le "Scarlatti le plus charnel, le plus jouissif, le plus épicurien que l'on puisse imaginer... " dixit Christophe Huss, Classica


Disponibilité (partitions en ligne de Jacques Rebotier)

Disponibilité (documents sur le réseau de Jacques Rebotier)
Disponibilité (interview d'Alexandre Tharaud, Scènes Magazine, no. 243, été 2011)
Muriel