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mercredi 21 novembre 2012

La jeunesse de Rousseau

Petit opéra de chambre avec marionnettes et musique verte, Tic-Tac Rousseau raconte les premières années de Rousseau, enfant de Genève, d'après les scènes des Confessions.

Luc Jorand, auteur du livret, et Jean-Marie Curti, compositeur de la musique, tentent à travers ce spectacle rafraîchissant de montrer le côté optimiste et joyeux de Jean-Jacques durant sa jeunesse.

Le titre est emprunté à Rousseau lui-même, il se réfère à ses amours enfantines avec Mademoiselle Goton : "j'entendis, en passant à Coutance, de petites filles me crier à demi-voix : Goton tic tac Rousseau" ... une expression populaire pour dire "Goton est en couple avec Rousseau". Tic tac évoque aussi les mouvements d'une horloge, les rythmes, les va-et-vient, traduits en musique par un jeu de leitmotiv et de scansions redoublées.


 Extrait de la partition de Jean-Marie Curti

Sur scène on pourra voir tous les protagonistes du spectacle, à savoir 5 musiciens et musiciennes, 6 chanteurs et cantatrices qui se feront aussi marionnettistes pour l'occasion. La musique "verte" fera résonner des éléments naturels tels que coquilles d'escargots, feuilles sèches, noyaux de cerises, pives, galets, osselets et graines séchées... un clin d'oeil au Rousseau botaniste amoureux de la nature.

Ce spectacle est une création - symboliquement la 100e production de l'Opéra-Studio de Genève - à découvrir du 22 au 25 novembre au Théâtre Cité Bleue. Un plus : le spectacle sera traduit en langue des signes pour les personnes sourdes et mal-entendantes.




Tullia

jeudi 15 novembre 2012

Balfe au Victoria Hall

Tout comme moi, vous passez sans doute souvent devant le Victoria Hall. Si vous levez le nez, vous apercevez une jolie dame affichant sa nudité, mais également deux séries de noms de compositeurs, la plupart très connus (Wagner, Mozart, Mendelssohn...). Pris en sandwich entre Berlioz et Schubert, le nom de l'un d'entre eux a retenu mon attention : BALFE. Qui c'est celui-là ? Jamais entendu parler, ni entendu tout court.


Et bien sachez, comme nous l'apprend Monsieur Larousse, que "Michael William Balfe était un chanteur et compositeur irlandais (Dublin 1808 – Rowney Abbey, Hertfordshire, 1870). D'abord violoniste, il devint à Londres l'élève du chanteur Ch. Horn et s'initia aussi à la composition. En 1825, il se rendit en Italie pour se perfectionner en chant et en contrepoint. Engagé par Rossini, à Paris, comme premier baryton, il chanta Figaro avec succès en 1827. Il passa la saison 1829-30 à Palerme comme chanteur et y fit créer son premier opéra, I Rivali di se stessi. Après avoir été le partenaire de la Malibran à la Scala, il regagna l'Angleterre et, sans abandonner le chant ni renoncer à ses nombreuses tournées à travers l'Europe, il composa une trentaine d'opéras d'une écriture agréable, parmi lesquels The Bohemian Girl (1843) connut la célébrité dans plusieurs pays."

On pourrait penser que Balfe a souvent été joué au Victoria Hall vu que son nom orne le bâtiment et même un médaillon dans la salle. Dans la collection des programmes du Victoria Hall que conserve précieusement la Bibliothèque musicale dans son fonds patrimonial, seuls trois concerts mentionnent Balfe. L'Harmonie nautique en joue en 1896, deux ans après l'inauguration de la salle, et la Landwehr en 1912 et 1916. Depuis... plus rien (en tout cas jusqu'en 1987 où s'arrête l'inventaire des programmes).

Peut-être faudrait-il une Cecilia Bartoli pour relancer la notoriété de Balfe, comme le démontre cette vidéo dans laquelle elle chante un extrait de The maid of Artois : Yon moon o'er the mountains, interprété à l'époque par la Malibran à qui Balfe avait dédié son opéra.



A nous d'agir : Réhabilitons Balfe ! Reprogrammons-le, au Victoria Hall ou ailleurs !


Fabienne

Pour en savoir plus sur le Victoria Hall
Quelques partitions de Balfe, ou dans le fichier numérisé


jeudi 8 novembre 2012

L'homme de l'année

 En juillet dernier, premier concert en Europe 
(Main Square Festival, Arras)

Avant que l'année 2012 ne se termine, il faut rendre hommage à l'homme de l'année ! La BBC proclame chaque année les nouveaux talents émergents. En avril dernier, l'heureux lauréat s'appelle Michael Kiwanuka.

Suite à cette nouvelle, Vibrations surenchérit sur ce jeune guitariste londonien, d'origine ougandaise: "La plus belle promesse de l'année, c'est lui" et lui consacre la couverture du mois d'avril au moment même où son premier album sort dans les bacs.

Tell me a tale, son premier single

Ses débuts en musique se font à la guitare : "Une fois que je pose ma main sur ma guitare, ma tête est ailleurs", puis il devient timidement songwriter. Avant sa consécration, 2011 lui a permis de s'affirmer sur scène (tournées en premières parties) et de réaliser son premier EP. Ses clips réalisés en super-8 et les influences qu'il ne renie pas (Otis Redding, Marvin Gaye, Dylan) le mènent sur le courant vintage du moment. Reste la chaleur de sa voix... 
Pour en juger en live, le 14 novembre prochain, Michael Kiwanuka donnera son unique concert en Suisse, aux Docks (Lausanne)!

Disponibilité

Muriel 

vendredi 2 novembre 2012

La musique et l'écran

Nos voisines de palier Claudia Durgnat, Rossana Giovannini et leur équipe nous ont concocté une riche semaine de festival pour naviguer entre différents écrans - de cinéma, d'ordinateur, de télévision, voire même de téléphone portable. La bonne nouvelle c'est que le festival est entièrement gratuit, entrée libre à toutes les séances projetées au Grütli et à l'Arditi.

Cette année pas de prestigieux compositeur de musique invité, toutefois la musique est à l'honneur dans deux longs métrages: Berlin Telegram de Leila Albayaty, un road movie musical réalisé et mené par la chanteuse franco-iraquienne, ainsi que La leggenda di Kaspar Hauser de Davide Manuli, une fable techno-moderne rythmée par la musique de Vitalic.



 
Une journée pour tous accueille dimanche les familles. Les enfants vont s'initier à la réalisation d'un petit film au travers d'ateliers "son", "effets spéciaux" et "stop motion". A la Bibliothèque musicale, Alain Frey propose aux enfants de créer une bande sonore, au moyen de logiciels adaptés.
 

Et pour les gens pressés - working girl et citadins surbookés - la formule "Lunch Box" est séduisante. Il s'agit simplement d'aller manger son sandwich de midi confortablement installée dans un fauteuil de cinéma tout en visionnant une sélection d'une demi-heure de courts métrages. A 12h30, salle Fonction Cinéma au Grütli.











Festival tous écrans
Disponibilité
Tullia

lundi 29 octobre 2012

Avant... ou après un opéra

cop. Pierre Abensur

Vous avez en poche des billets pour une prochaine production lyrique et si l'oeuvre programmée suscite un intérêt tout particulier, vous pouvez venir emprunter la réduction piano et chant de l'opéra, consulter un Avant-Scène Opéra ou même, depuis peu, parcourir le dossier pédagogique édité par le Grand Théâtre.


Si curieux de nature, vous parcourez les archives du Grand Théâtre - les bien- nommées AIR -, vous faites, par sérendipité, un survol de l'histoire lyrique locale : qui a joué quand ? qui a chanté quoi ? Pour Les aventures du Roi Pausole tout bientôt sur la scène genevoise, vous apprendrez que l'opérette d'Arthur Honegger a déjà été jouée en 1960 au Grand Casino et que Léon Ferly chantait le rôle-titre tout en assurant la mise en scène !


Un peu plus loin de nous, la bibliothèque-musée de l'Opéra de Paris vient de rendre accessible son Journal de l'Opéra, via Gallica, bibliothèque numérique de la BNF ! Quelque 310 années de représentations sont consignées avec soin dans les registres. Des annotations précieuses, en regard des titres d'opéras, mentionnent les inaugurations de salles, les événements politiques contraignant des "Relâches", le nombre de représentations déjà jouées pour tel ou tel titre...

L'initiateur de ce répertoire fut Charles Nuitter, d'abord avocat, puis librettiste, traducteur des oeuvres de Wagner et grand mélomane. Il découvre les archives de l'Opéra en 1860 et leur consacre ses quarante dernières années. Ainsi, selon la formule consacrée, nous, bibliothécaires musicaux, si vaudevilles et opéras-comiques nous entourent, nous sommes tous un peu les filles et fils de Charles Nuitter. 

Disponibilité
Muriel


lundi 15 octobre 2012

"J'ai imaginé un genre de drame"


Représentation de Pygmalion en 1912 dans le Parc de l'Ariana

« J’ai imaginé un genre de drame dans lequel  les paroles et la musique, au lieu de marcher ensemble, se font entendre successivement, où la phrase parlée est en quelque sorte annoncée par la phrase musicale. La scène de Pygmalion est un exemple de ce genre de composition, qui n’a pas eu d’imitateurs. » (1778)
Cette déclaration dans les Fragmens d'observations sur l'Alceste italien de M. le Chevalier Gluck fera de Rousseau, tous les dictionnaires l'attestent, l'inventeur du mélodrame.

Les vitrines de la bibliothèque vous propose un parcours du Pygmalion de Rousseau et de Coignet et de leurs contemporains, aux oeuvres de Michèle Reverdy, en passant par celles de Benda, Mozart, Cherubini, Berlioz, Massenet... Chacune des oeuvres exposées présente une particularité du traitement vocal lors des récitatifs parlés (déclamés, rythmés ou accompagnés) et de l'écriture musicale. La partition de William Walton (Façade, 1951) multiplie les exemples où la déclamation rythmée privilégie la musicalité du texte, sans dépendre du chant.


No. 1 de Façade : Hornpipe

Des documents d'époque aux photographies des représentations de Pygmalion à l'occasion du bicentenaire de la naissance de Rousseau au Parc de l'Ariana en 1912, l'exposition est à découvrir à la bibliothèque jusqu'au 21 décembre prochain.

Cette exposition s'articule autour de deux autres manifestations sur Pygmalion et le mélodrame. D'une part, une conférence de Madame Jacqueline Waeber musicologue le 25 octobre à la bibliothèque et d'autre part, deux représentations de Pygmalion à la Cité bleue produites par l'Opéra-Studio dirigé par Jean-Marie Curti.

Disponibilité (Pygmalion) ou en ligne

Disponibilité (Façade) 


Muriel

jeudi 4 octobre 2012

Les Noces au cinéma

"La chambre bleue"
Noces de Philippe Béziat sort sur les écrans. Le réalisateur semble passionné par ce genre d'adaptation, mêlant plusieurs arts en un seul. En 2009, son film Pélleas et Mélisande - Le chant des aveugles qui avait été présenté au Festival de Locarno, montrait le travail du metteur en scène Olivier Py et des jeunes chanteurs. Son nouveau film réunit Ramuz, Stravinsky, la terre vaudoise dans une fiction racontant plusieurs histoires.

Le numéro 4 de la Couleur des jours consacre au film plusieurs pages richement documentées, dont la présentation du film signée Frédéric Maire :


Il y a d'abord l'histoire de la rencontre entre Ramuz et Stravinsky, celle que l'écrivain raconte dans ses Souvenirs sur Igor Stravinsky, et qui détaille comment le Russe et le Vaudois se (re)trouvent dans une énergie commune, leur travail en commun amplifiant leur créativité. Il y a ensuite la terre (vaudoise) de vignes et de villages, les gens d'ici, leur langue et leur accent, l'eau du Léman et les montagnes, en face, qui semblent nourrir ces noces russes de voisinages insoupçonnés [...]. Il y a la mise en place progressive de l'oeuvre, à coup de répétitions, déconstructions, confrontations, avec ses musiciens, ses chanteurs, ses acteurs : un travail d'approfondissement et de dévoilement des mystères de la partition. Et il y a enfin la chambre bleue, cet espace-matrice rempli d'instruments de percussion qui évoque le lieu de travail de Stravinsky et Ramuz, qui se transforme peu à peu, s'ouvre, se détend jusqu'à devenir l'espace symbolique de création de l'opéra.
Alors, avant ou après la projection, afin de percer les mystères de la partition, la partition  Noces vous attend à la bibliothèque !

Disponibilité Les Noces

Disponibilité La couleurs des jours

Le site de la Fondation d'Igor Stravinsky vous propose, quant à elle, quelques extraits sonores.

Muriel