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lundi 4 février 2013

Jeune centenaire

Ce ne sera pas tout à fait la date anniversaire, mais dans quelques jours, le Ballet du Grand Théâtre présentera le Sacre du Printemps d'Igor Stravinski. La chorégraphie est signée par Andonis Foniadakis grand habitué du BFM et dont le public genevois a pu apprécier l'an passé le travail sur des musiques de Haendel.

En 1913, musicalement, la partition d'Igor Stravinski a défrayé les chroniques. La chorégraphie aussi. Après la première dirigée par Pierre Monteux, dansée par les Ballets russes avec une chorégraphie de Vaslav Nijinski, P. Lalo écrit :
  
Il n'y a pas, dans tout le Sacre du Printemps une seule ligne, un seul mouvement d'un seul personnage qui ait une apparence de grâce, d'élégance, de légèreté, de noblesse, d'expression : tout est laid, lourdement, platement et uniformément laid.

Stravinski lui-même, devant la vulnérabilité des chorégraphes face à la partition, doutait parfois qu'elle fut écrite pour la danse. 
Durant cinquante ans, six chorégraphes se sont succédé sur la scène genevoise pour monter Le Sacre. Pour certains d'entre eux, cette oeuvre reste une référence majeure dans leur carrière : Maurice Béjart (1962), John Neumeier (2000, 2005), Pina Bausch (2002) et Andonis Foniadakis déjà en 2007.

Voici quelques propos de ce dernier sur le Sacre :

Que raconte l'argument original du Sacre ? Le sacrifice d'une vierge pour permettre le retour du printemps. La métaphore est claire et m'a conduit à concentrer l'essentiel de ce ballet sur l'idée du féminin, de sa présence, de son énergie qui perpétue la vie. L'"élue", je ne la traite donc pas exactement comme le scénario original le prévoit, mais en essayant de transmettre la manière dont je ressens cette musique. La partition de Stravinski possède une dimension érotique et sexuelle. Il est passionnant de projeter cette force sur des formes féminines. D'autant que la femme est aussi la figure par excellence de l'altérité : elle m'est un "corps étranger", j'essaie donc de me pencher sur elle, de découvrir l'énergie qui n'appartient qu'à elle. (Propos recueillis par Alain Perroux, Grand Théâtre, oct. 2007)

En attendant de découvrir sa nouvelle vision de l'Elue en février prochain, voici celle de Pina Bausch*.

L'élue par Pina Bausch


* Mentionnons que la chorégraphie de Pina Bausch, créée en 1975, est reprise par la troupe de Roger Bernat, dans le cadre du Festival Antigel, vendredi 8 et samedi 9 février prochain

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Muriel

mercredi 30 janvier 2013

450e anniversaire de Dowland



La mélodie "Flow my tears" de John Dowland était à l'origine une pavane pour luth. Dès sa création cet air fut un succès. Fabuleux XVIe siècle !

En Angleterre, comme en France, ce siècle a donné le jour à de joyaux précieux : Maurice Scève en littérature, John Dowland en musique. Une fois entré dans leur univers, ils demeurent, l'un comme l'autre, comme des amis fidèles : on peut revenir à eux après une longue absence, on est rarement déçu. 

En 2007, en écoutant Dowland, il y eut comme un étrange téléscopage entre les mélodies connues et une voix familière d'un autre registre. Passée la surprise, on s'est ensuite laissé séduire par les Songs from the labyrinth qui réunissaient Sting et Edin Karamazov. 

Pour l'année nouvelle, découvrez la grâce de Valeria Mignaco, et Alfonso Marin tout en célébrant l'anniversaire de Dowland, né en 1563.




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Muriel

jeudi 24 janvier 2013

Les Alpes descendent en ville

Vous êtes sous le brouillard et rêvez des Alpes ?

Le nouveau festival des ateliers d'ethnomusicologie Musiques des Alpes : nouvelles pistes arrive en ville ! Programme très complet dès jeudi prochain qui mêle héritage traditionnel et créativité. Si, après la prestation de la très charismatique Barbara Klossner et le choeur des yodleurs Alphüttli qui ouvrent le festival, vous êtes comblés, méthodes et partitions vous attendent à la bibliothèque !

Un atelier de jodel est proposé les 2 et 3 février prochain par l'artiste (aucun niveau requis pour participer). Le concert et l'atelier sont également programmés dans le cadre du Festival Antigel.



Muriel

mardi 8 janvier 2013

Bonne Année ! Bonne Santé !

Que l'année 2013 soit douce aux musiciens et musiciennes. Voici une suggestion de lecture pour rester en santé et en musique toute la vie
  


Sous ce titre un peu austère se trouve une foule de conseils pratiques aussi bien que des informations plus techniques utiles pour prévenir les douleurs et les problèmes de santé liés à la pratique musicale.

Différents chapitres, tous fort bien documentés, avec bibliographies, abordent des sujets tels que :

Prévention de l'anxiété de performance
Techniques psychocorporelles
Prévention des risques liés à la pratique du violon
Une kinésithérapeute dans une classe de harpistes 
Prévention des troubles visuels chez les musiciens
Le corps sonore
Risques et prévention chez les musiciens d'orchestre 
La main blessée
...


"Bien des musiciens connaissent au cours de leur pratique des problèmes de santé liés à leur jeu instrumental, les obligeant parfois à interrompre cette pratique musicale. Et même si elles sont sans gravité, ces difficultés passagères sont mal supportées par les musiciens qui, dans leur quête de perfection, y voient une menace sur la qualité de leur jeu.
Tout d'abord, pour définir des stratégies de prévention, il conviendra d'analyser les facteurs de risques, qui peuvent être individuels (sexe, âge, morphologie, antécédents traumatiques ou pathologiques, profil et psychique) ou liés à l'instrument joué ou aux conditions de la pratique (apprentissage, jeu amateur, niveau d'exercice professionnel, type de musique jouée, etc.).
De plus, une connaissance approfondie des pathologies qui affectent les musiciens (troubles musculo-tendineux et articulaires, compressions nerveuses, dystonies de fonction) permet d'en déduire des éléments de prévention essentiels pour que les musiciens exercent leur art de façon saine tout au long de leur vie.
Il est souhaitable - et possible - d'intégrer ces éléments de prévention à la pédagogie dès l'apprentissage. C'est dire le rôle primordial que jouent les enseignants de musique au niveau préventif ; ils trouveront dans cet ouvrage un fonds de connaissances exceptionnels.
Ce livre s'adresse également aux étudiants eux-mêmes, à leurs parents, à tous les musiciens professionnels ou amateurs, ainsi qu'à tous les préventeurs prenant en charge les musiciens (kinésithérapeutes, praticiens de techniques psycho-corporelles, médecins)." (texte de couverture)


Bonne lecture!

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Tullia

jeudi 3 janvier 2013

Hommage à Angelo Galletti

Angelo Walter Galletti fut trente ans au service de la Bibliothèque musicale, une seconde carrière après avoir été corniste à l'Orchestre de la Suisse romande dès la fin des années 1940. A cette époque, le statut de musicien d'orchestre était peu enviable, les engagements saisonniers obligeaient les musiciens à compléter leurs revenus par d'autres activités, durant les mois d'été, en jouant dans des festivals par exemple. De plus, il n'y avait pas de pension de retraite, Angelo Galletti a donc consacré de longues années de sa vie également au métier de bibliothécaire d'orchestre.
Angelo Galletti est applaudi lors de la fête des 20 ans de la Bibliothèque musicale (2009)

Né le 2 novembre 1913 au Tessin dans une famille modeste, Galletti a commencé à apprendre la musique dans la fanfare municipale de sa ville natale, la Banda citadina di Lugano. Comme il y manquait des cors, c'est donc vers cet instrument qu'il s'est tourné. Par la suite il a pu se perfectionner avec un professeur milanais, Marsilio Ceccarelli, 1er cor à la Scala de Milan. A 27 ans, Galletti décide de se présenter au Concours de Genève. Les finalistes sont accompagnés par l'Orchestre de la Suisse romande, sous la direction d'Ernest Ansermet. La carrière musicale de Galletti est lancée et il viendra s'installer définitivement à Genève quelques années plus tard. En parallèle à ses activités de corniste au sein de l'Orchestre de la Suisse romande, il fonde un ensemble de musique de chambre, le Convivium Musicum de Genève, qui se produit en concert et aussi dans les écoles, pour promouvoir la musique auprès des jeunes.

Durant ses loisirs et dès ses plus jeunes années, Galletti se consacre à sa passion de collectionneur, réunissant tout au long de sa vie un ensemble remarquable d'instruments de musique de la famille des cuivres : cors, trompettes, cornets, cornes... Longtemps conservée au domicile de Galletti, cette précieuse collection a été récemment acquise par le Musée d'Art et d'histoire de Genève.

Partie d'orchestre transposée par Galletti

Engagé comme bibliothécaire d'orchestre au Grand Théâtre de Genève, il y a passé de nombreuses heures à inventorier et à mettre en valeur les collections de l'ancienne bibliothèque du théâtre et a permis l'émergence de la Bibliothèque musicale de la Ville de Genève, à la fin des années 1980.

Angelo Galletti nous a quittés en décembre 2012 dans sa 100e année. Nous pensons à sa famille et à ses proches avec empathie.

Mathez, Jean-Pierre. Angelo Walter Galletti: un corniste collectionneur. In:Brass Bulletin, no 98, II/1997
La gomme et la note: Angelo Galletti, bibliothécaire au Grand Théâtre.  In: La Grange, no 7, novembre-décembre 1990
Bibliothèque musicale de Genève: quelques mots d'histoire d'hier à aujourd'hui, Genève, 1988

Tullia


mercredi 19 décembre 2012

Musiques pour la fin du monde

Encore une fin du monde annoncée pour le 21 décembre?

Il reste donc peu de jours pour appréhender cette échéance en musique!  Il semble que l'apocalypse inspire particulièrement les groupes de rock. En musique classique, le sujet biblique est repris par des compositeurs du 20e siècle durant la 2e guerre mondiale. Un sujet que l'on retrouve dans les films, évidemment. Souvent l'apocalypse est associée à la guerre.

Voici de manière inopinée quelques partitions tirées des collections de la bibliothèque musicale, à lire et à jouer de toute urgence, avant la fin du monde.



Apocalypse, du groupe Yes. Ed. piano-vocal-guitare


My Apocalypse, dans l'album Death magnetic du groupe Metallica. Ed. voix et tablatures guitare


Apocalypse please, dans l'album Absolution du groupe Muse. Ed. voix et tablatures guitare

La fin du monde est pour dans 10 minutes, dans l'album Menteur de Cali. Ed. voix et piano ou tablatures guitare

La fin de la fin du monde, dans l'album L'embelie de Calogero



Quatuor pour la fin du temps d'Olivier Messiaen
En hommage à l'Ange de l'Apocalypse, qui lève la main vers le ciel en disant : "Il n'y aura plus de Temps". Oeuvre composée en 1941 dans un camp d‘internement de prisonniers, pour violon, clarinette, violoncelle et piano


In terra pax de Frank Martin 
Oratorio breve pour soli, 2 choeurs mixtes et orchestre, d'après des passages de la Bible. Oeuvre commandée par Radio-Genève pendant la guerre en 1944


L'Apocalypse selon St. Jean par Jean Françaix
Un oratorio fantastique en trois parties pour 4 soli, choeurs et deux orchestres
Oeuvre créée à Paris en 1942

L'Apocalypse de Saint-Jean de Jacques de la Presle
Trois tableaux d'après la Bible : pour soli, choeurs et orchestre
Oeuvre publiée à Paris en 1929

 
Richard Wagner l'opéra de la fin du monde
2012 
Le jour d'après
Musique de Harald Kloser pour ces deux films catastrophe de Roland Emmerich. Dans Le jour d'après la population en détresse se réfugie dans la bibliothèque de New York, pour survivre ils doivent faire du feu et sont obligés de brûler des livres...


Apocalpse now, dans l'album Movie themes for violon. Le film reprend le thème musical composé par Richard Wagner pour la chevauchée des Walkyries de son opéra Die Walküre

La planète des singes, (The rise of the planet) musique de Patrick Doyle pour le film de Rupert Wyatt

Courtyard apocalypse, musique d'Alexandre Desplat pour le film Harry Potter and the deathly hallows part 2. Piano solos


Tullia

lundi 3 décembre 2012

Place Béla Bartok

La Bibliothèque musicale est bien située au centre de Genève avec un entourage très... musical : à côté du Victoria Hall, en face du Conservatoire, et au-dessus de la place Béla Bartok ! Cette place, nommée ainsi depuis une quinzaine d'années, est l'ancienne cours de récréation de l'école du Grütli, devenue aujourd'hui la Maison des arts du Grütli dans laquelle se trouve la bibliothèque. Une statue en acier du sculpteur hongrois András Beck (1911-1985) orne la place en hommage au compositeur.

Bibliothèque musicale au 1er étage, au-dessus de la place Béla Bartok
Béla Bartok
Né en 1881 à Nagyszentmiklos, Béla Bartok entreprend des études de musique à l'Académie Royale de Budapest auprès de Istvan Thoman (piano) et Janos Koessler (composition). Parallèlement à son activité de compositeur, il commence à enquêter de manière systématique sur le folklore hongrois avec son ami Zoltan Kodaly (1905-1906), posant ainsi les fondements de l'ethnomusicologie. Il y découvre l'échelle pentatonique et des combinaisons polyrythmiques qu'il utilise dès ses premières oeuvres. En 1908, il commence un cycle de six quatuors et des pièces pour enfants, importante contribution à la pédagogie musicale. Outre ses oeuvres vocales, ses pièces pour piano, qu'il traite en instrument à percussion, comptent parmi les plus innovantes. Concertiste en Europe et aux Etats-Unis, il se produit avec le violoniste Joseph Szigeti et le clarinettiste de jazz Benny Goodman. Il fuit le régime hongrois pro-nazi et émigre aux Etats-Unis. En 1943, le succès de son Concerto pour orchestre lui vaut de nombreuses commandes, trop tardives car Béla Bartok décède peu de temps après, le 26 septembre 1945.

Concerto pour orchestre
Serge Koussevitsky a généreusement commandé ce concerto quand Béla Bartok était en mauvaise santé et dans la pauvreté. "Toutes les fois que vous avez une remarque à faire", lui indiqua Koussevitsky à la répétition finale, "n’hésitez pas." C'était une offre qu'il regretta bientôt. Après quatre ou cinq mesures dans le premier mouvement, Bartok leva sa main et expliqua discrètement quelque chose à Koussevitsky. Dix mesures plus loin, il l’interrompit encore et lui fit une autre remarque. Cela dura quelques minutes, jusqu'à ce que Koussevitsky commença finalement à perdre patience : "Monsieur Bartok, peut-être pourriez-vous prendre des notes pendant que nous jouons", suggéra-t-il. "A la fin, vous me direz alors tout que vous voulez." Bartok prit un siège, écrivant fiévreusement pendant que l'orchestre jouait. Il continua à griffonner pendant un certain temps après la fin du dernier mouvement, avant d’emmener dans sa loge Koussevitsky, traînant le pas. Après un long moment, les hommes revinrent. Cette fois, Koussevitsky était plein d’élan alors que Bartok suivait tranquillement derrière. Koussevitsky monta sur le podium et fit une annonce : "Messieurs, Bartok est d'accord avec tout."


 
Fabienne